24 avril 2017

Bilan : la démocratie ou le triomphe de la médiocrité majoritaire

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Bras d’honneur

J’ai soixante-six ans. Pour tout te dire, ami lecteur plus jeune, je n’ai jamais vécu que sous des régimes qui reflétaient la médiocrité majoritaire de mon pays. Au vu de ce qui s’est passé hier, ça risque encore de durer un brin… 

Aucune excuse !

Petit bilan :

  • Avant De Gaulle, c’était les ventres mous de la 4e République.
  • Derrière les grands bras souverains du général De Gaulle (1958-1969), il y avait déjà de sacrés enfoirés : les Debré, les Frey, les Pasqua, les voyous du SAC (Service d’action civique), les truands de la Françafrique.
  • Pompidou (1969-1974) fut le premier banquier à diriger nos affaires politiques.
  • Giscard d’Estaing (1974-1981) annonçait déjà le bling-bling macronien
  • Le socialisme de Mitterrand (1981-1995) n’a duré que deux misérables années avant de se coucher sur l’autel de la finance et des lobbies multinationaux.
  • Ensuite, je ne détaille même pas la brochette de nullités qu’on a dû se farcir à grands coups de “vote utile” : Chirac (1995-2007), Sarkozy (2007-2012), Hollande (2012-2017)…

Rien absolument rien à sauver de cette fameuse “démocratie”, sinon pour établir le triste constat du triomphe de la médiocrité souveraine. Parce que, faut arrêter de me la faire, c’est bien les électeurs qui votent et la majorité des électeurs qui désigne d’aussi médiocres représentants. Aucune excuse !

Aucun progrès social n’est jamais sorti d’un isoloir

N’y a-t-il eu aucune petite période politiquement positive dans mes soixante-six années de vie ? Aucun jour qui n’ait vu le moindre soupçon de progrès social, d’euphorie politique populaire ? Si, dans les années 68 et immédiatement suivantes. Mais ça se passait dans la rue et pas dans les urnes ! Aucun progrès social d’aucune sorte n’est jamais sorti d’un isoloir !

N’y a-t-il jamais eu de triomphe de la démocratie en dehors de mon pays ? Très rares, en Amérique latine avec la révolution bolivarienne, fugace avec la victoire de Mandela en Afrique du sud. Mais, quand ils n’ont pas été aussitôt avalés par la bassesse et la corruption (Afrique du sud), c’est dans la rue que ces régimes ont dû batailler pour se maintenir, dénoncée et attaquée sans état d’âme par ceux-là mêmes qui se prétendaient les champions… de la démocratie ! 

Quand il a été élu, Mandela avait déjà accompli toute son oeuvre politique depuis sa prison de Robben Island. Gandhi, Martin Luther King n’ont jamais été élus, Fidel Castro a dû conquérir le pouvoir par les armes. Plus près de chez nous, Mendès-France est toujours resté à l’écart du pouvoir politique. Qui niera l’importance politique de ceux-là ?

Le peuple est toujours minoritaire

Pourtant, aux lendemains de cette nouvelle désillusion, dois-je t’avouer, cher lecteur bien plus jeune que moi, que malgré la traversée de cet interminable océan de médiocrité démocratique. jamais je ne me suis le moins du monde ennuyé pendant ces soixante-six ans d’existence.

Tout à l’heure, comme tous les matins, je vais descendre « à la côte », comme on dit ici, discuter avec mes potes de la cale comme si de rien n’était, parler de pêche à pied, du poisson qu’on a parfois pris et souvent pas du tout, de recettes savoureuses faites avec un rien et de bonnes goulées de rosé, de blanc sec ou de petit rouge gouleyant.

Franchement ami lecteur plus jeune, si tu ne veux pas finir aigri, ravale tes rancœurs, garde tes colères au chaud. Et essaie de vivre du mieux que tu peux. N’attends surtout rien de la démocratie représentative. Quand ça débordera, toi aussi, tu descendras dans la rue. Avec le peuple qui est toujours minoritaire. Si quelques forces me restent, je t’y rejoindrai en faisant des moulinets rageurs avec ma canne.

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