Argument anti-abstention : qui ne tente rien n'aura jamais rien

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Départ de la Péniche insoumise lundi 17 avril à Bobigny

Dans le sac à arguments des abstentionnistes, on trouve pêle-mêle le “vote-qui-sert-à-rien”, les promesses qui de toute façon ne seront jamais tenues, le tous pourris… Et pour ponctuer le tout, la posture peut-être un peu facile de l’ennui :

D’un côté, je les comprends, mes amis dégoûtés. Ça fait des quinquennats qu’on se traîne de vote utile en vote inutile : celui qui consiste, faute de mieux, à élire le moins pire du pire pour avoir l’aussi pire en pire. Même en 2012, le Front de gauche laissait largement à désirer avec son boulet PCF.

Mais dans cette campagne 2017, ce n’est plus vrai. Qu’il y traîne encore les tocards du monde d’avant, les UMP (Républicains, mon cul !), les centralo-centristes et leur produit marketing (Macron le neuneu), les PS en pleine déconfiture avec leur candidat pâlichon (Hamon), d’accord. Qu’on doive se farcir encore le même épouvantail FN de service du système, d’accord.

Il a bien fallu qu’un jour des gens tentent les congés payés, la Sécu, les services publics, les lois d’émancipation féminine…

Mais cette année, il y a autre chose  D’abord, les seconds couteaux has-been du monde d’avant (EELV, PCF) ont débarrassé le plancher. Et il y a des nouveaux venus avec des projets qui tranchent, qui rentrent dans le lard de la globalisation de travers. Même chez les candidats dits “petits” parce qu’on sait qu’ils n’ont aucune chance de dépasser le premier tour : Asselineau, Lassalle, Dupont-Aignan.

Et puis, que vous l’aimiez ou non, il y a un vrai programme, détaillé, chiffré, avec des mesures qui concernent chacun d’entre nous, avec un candidat insoumis qui monte, qui monte, comme la petite bête de l’histoire. Aujourd’hui, il n’est plus question de voter pour dégager quelqu’un, mais pour tenter un nouveau projet.

Alors oui, je connais vos objections, je comprends vos réticences (j’ai les mêmes) : qui nous garantit que Mélenchon ne sera pas comme les autres, qu’il ne fera pas son Tsipras comme Tsipras, qu’il ne retournera pas sa veste comme tant d’autres aussitôt installés sur le trône ?

Mais qu’est-ce que nous risquons à tenter le coup ? Rappelez-vous, il a bien fallu qu’un jour des gens tentent les congés payés, la Sécu, les services publics, les lois d’émancipation féminine… Une seule certitude : qui ne tente rien n’aura jamais rien, c’est sûr,