Attaque chimique en Syrie : un rapport US « manifestement faux, trompeur et amateur »

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« La carcasse du tuyau supposé avoir transporté le gaz sarin semble avoir été écrasée par une puissante charge explosive au sol. »

Après Tulsi Gabbard, élue démocrate américaine, après Peter Ford, ex-ambassadeur britannique en Syrie, voici qu’une nouvelle voix autorisée s’élève pour dénoncer le montage US trop grossier pour être honnête de l’attaque chimique en Syrie le 4 avril : Theodore A. Postol, professeur au MIT (Massachussetts Institute of Technology) et ancien conseiller scientifique auprès du chef des opérations navales du Pentagone, vient de rendre un rapport catégorique sur la question, traduit et publié intégralement par le site les-crises.fr.

Theodore Postol :

« La Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement manifestement faux, trompeur et amateur. »

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Le rapport de Theodore Postol (pdf)

L’argument principal de Theodore Postol repose sur l’allégation d Washington prétendant, photos à l’appui, que l’attaque chimique s’est produite par bombardement aérien (NB : la Syrie a une aviation, pas les rebelles “modérées” islamistes). Or, selon le professeur du MIT, les photos produites par le Pentagone tendrait à démontrer une attaque exécutée par des individus au sol.

« Cette conclusion se fonde sur une hypothèse faite par la Maison-Blanche lorsqu’elle cite la source de l’émission de sarin et les photographies de cette source. Ma propre analyse est que la source a très probablement été falsifiée ou mise en scène, donc aucune conclusion sérieuse ne pourrait être tirée des photographies auxquelles la Maison-Blanche a fait référence. »

Se référant toujours aux photos produites, le professeur Postol en conclut que le sarin a été répandu « par un engin de dispersion improvisé fabriqué à partir d’une section d’un tube de roquette de 122 mm remplie de sarin et bouchée des deux côtés ».

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Lancer une enquête sur un coupable désigné (et bombardé) d’avance

On est donc loin, très loin de la thèse officielle, celle reprise en chœur par les médias occidentaux d’une attaque aérienne par l’armée d’Assad.

Theodore Postol ne s’autorise pas à désigner un coupable présumé. Sa conclusion est que le doute est largement permis, que seule une enquête approfondie permettrait de désigner ces culpabilités. Mais qu’en attendant, le rapport officiel américain, abondamment diffusé sur les médias occidentaux, est grandement sujet à caution.

Qu’importe ces peccadilles et ces détails circonstanciés, les États-Unis ont sans attendre soumis au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution (refusée par la Russie, non votée par la Chine, mais soutenue bruyamment par tous ses satellites de l’Otan) demandant l’ouverture d’une enquête officielle sur les circonstances de la tragédie… après avoir eux-mêmes désigné d’avance le coupable (Assad) et avoir dûment bombardé ses troupes de 59 missiles Tomahawk, sans le moindre mandat de ladite ONU.

=> Lire le rapport complet de Theodore A. Postol sur les-crises.fr