Hervé Naillon : je vote Mélenchon pour que vive l'humanité

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Pourquoi voter Mélenchon ? Oublions la personne et intéressons-nous aux seules idées. Voici le plaidoyer vibrant d’Hervé Naillon pour notre petite planète et pour l’humanité. Bien loin des “fondamentaux économiques” et autres calembredaines…


Nul ne vit venir le danger

Lorsque la Syrie connut sa pire sécheresse, entre 2006 et 2011, nul ne vit venir le danger. Pourtant, dans ce pays se conjuguait en prémonition, les deux fléaux que nous avons laissé grandir en toute insouciance : Le dérèglement climatique et la fin du pétrole. La Syrie s’est retrouvée à sec et vivait alors une perte agricole majeure. Plus de pétrodollars pour acheter ailleurs ce qui ne poussait plus ici. Et un million et demi de paysans quittèrent leurs terres stériles pour grossir les bidonvilles d’Alep, Damas et les villes qui aujourd’hui font la une pour les massacres de populations civiles.

Lorsque le régime a choisi un camp plutôt que l’autre pour le passage d’oléoducs, véritable fuite en avant et casus belli flagrant, jamais l’ONU n’a envisagé de se poser en puissance bienveillante pour prévenir ce qui adviendrait sûrement. La seule main invisible du marché devait suffit peut-être à réguler cela. Il n’en fut rien, évidemment, la main invisible est une main coupée depuis longtemps.

Lorsque le Soudan vit ses terres brûlées par une sécheresse prévue là encore par les projections climatiques, l’ONU et nous avec, ne virent rien venir à force d’aveuglement, de déni, de nombrilisme et de peur ici des vagues de migrants. Depuis, le Kenya, la Somalie, l’Éthiopie… sont touchés. Là-bas, 17 millions de personnes sont menacées et ce ne sont pas nos quelques sacs de riz, envoyés avec parcimonie, au dernier moment, qui sauront être des solutions à ces enjeux inscrits dans le temps.

Le monde de l’humanité absente

Voici le monde de l’ignorance, du déni, de l’humanité absente. Notre monde si nous ne changerons pas, collectivement, notre manière de voir, de vivre, de penser le mot ensemble. Voici le monde des quelques milliardaires qui se gavent en nous vidant, voici le monde qui verra naître toujours plus de haine si nous ne prenons pas notre part à ce changement de modèle.

Si nous restons frileux, si nous n’osons pas ouvrir les yeux, poser sereinement la question de ce que nous voulons vraiment, prolonger ce vieux modèle agonisant encore un instant pour nos jouissances momentanées et faussées de publicité. Ou, si, courageusement, nous inventons ce qui n’est pas encore et sera nécessaire pour vivre : l’humanité.

Il y eu des villages, des villes, des royaumes, des civilisations. Certaines se firent et disparurent côte à côte sur terre sans jamais se connaître. Rome et l’empire Maya furent de ceux-là. Mais ce temps-là n’est plus, nous savons depuis peu que la Terre est ronde, petite, finie et unique. Nous savons que nous n’avons que ce monde pour nous toutes et tous et que ce monde, nous l’avons en partie détruit.

Ce qui nous reste doit être sauvé collectivement pour inventer ce qui n’est pas encore : l’humanité. C’est à dire la pleine conscience que nous, êtres humains, formons un tout cohérent et pensant, capable de se projeter ensemble dans un avenir vivant.

Le lieu où s’invente demain

L’élection présidentielle française porte aussi en elle ce message à donner au monde. Notre choix, à nous, peuple de France ne réunissant après tout que 0,9% de la population mondiale, peut peser sur le monde par nos choix politiques.

Nous pouvons dire au monde que nous avons compris les enjeux, que nous allons mettre toute la force de notre imagination à changer cela. Que demain, nos universités s’ouvriront aux chercheurs du monde entier pour inventer une permaculture enrichissant la biodiversité, une modération énergétique divisant par quatre nos consommations tout en permettant aux milliards de femmes et d’hommes qui n’ont pas accès à l’électricité de pouvoir enfin s’éclairer, s’informer.

Nous pouvons dépolluer nos sols et ceux de pays lointains où nous avons envoyé nos déchets électroniques sans souci de leur lendemain. Nous pouvons dire que la France est le lieu où s’invente demain.

Le réalisme des cimetières

Vous me voyez rêveur, crédule, naïf ? Soit. Mais qu’êtes-vous alors, vous qui allez voter sans vous soucier des guerres qui viennent pour manger, boire ? Que faites vous pour parer ce qui nous attend demain quand le pétrole sera encore plus rare et toujours aussi indispensable parce que nous n’avons rien fait pour nous en passer ?

Vous me jugez gentil mais peu réaliste ?

Mais mon réalisme a la réalité des barcasses qui coulent tous les jours en Méditerranée, mon réalisme se nomme Alep sous les gaz, mon réalisme voit disparaître des milliers d’animaux chaque jour dans une extinction massive que nous ne prévenons même pas.

Mon réalisme est de voir que nous achetons encore des véhicules d’une tonne et demie pour déplacer 80 kg de chair.

Mon réalisme est inscrit en données vérifiées sur le rapport des scientifiques qui chaque jour nous donnent un bulletin de santé plus inquiétant de notre monde encore viable pour un temps mesuré et plus court à chaque renoncement.

Voter pour vivre

Prenez chaque programme politique de chaque candidat et posez vous cette simple question : Est-il en mesure de répondre à ces enjeux terrifiants que nous nous sommes posés, ces défis inédits que nous ne voulons pas voir et qui se rappellent à nous à chaque minute que nous ne consacrons pas à notre confort insignifiant car précisément si incertain ?

J’ai fait ce choix, j’ai pris chaque programme et le seul qui approche d’un début de réponse est, à mes yeux, celui de la France Insoumise porté par Jean-Luc Mélenchon.

Cela va vous sembler grandiloquent, mais le 23 avril je vais faire un vote très utile : voter pour vivre.

=> Source : Hervé Naillon. (Intertitres : Partageux)