RESF : URGENCES, lycéens en danger, famille démembrée

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URGENCES, la machine à expulser s’est emballée !

1/ Elda MATWALA BISEWA, jeune congolaise (RDC) de 19 ans, sortie en 2014 de son pays avec l’aide d’une ONG pour éviter un enrôlement d’enfant-soldat, prise en charge par l’ASE du Haut-Rhin depuis 2014, est en rétention depuis le 4 mars 2017 au CRA du Mesnil Amelot

Expulsion prévue ce jeudi 13 avril.

Lycéenne sans histoire, Elda a obtenu un CAP ATMCF (assistant technique en milieux familial et collectif), avec une moyenne de 12,75. Elle prépare actuellement la formation d’auxiliaire de vie au lycée Blaise Pascal de Colmar. Elle est en contrat jeune majeur avec l’ASE jusqu’au mois de juillet.

Lors de sa demande de régularisation, il a été constaté qu’une première demande de visa avait été faite avec ses empreintes en 2008 sous un autre nom (VISABIO). Une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) lui a été délivrée, confirmée après recours.

Arrêtée à Besançon, elle a été placée en rétention au CRA de Metz le 4 mars, elle refuse une première tentative d’expulsion, est transférée à l’hôpital à la suite d’un malaise. La Paf est venue l’y chercher pour l’amener au Mesnil Amelot.

Son lycée est en vacances, tous les recours sont épuisés. Elda, parfaitement francophone, diplômée dans un secteur porteur d’emploi, ne doit pas être expulsée. Une décision aussi injuste n’apportera de voix ni à la droite, ni à l’extrême droite. Jusqu’où un tel aveuglement va-t-il entraîner ce gouvernement ?

2/ Ressortissants albanais d’origine égyptienne, Fatmir SATELLARI et ses deux fils, Kristjan, âgé de 23 ans, et Ledjon, 21 ans , scolarisé au lycée Louis Blériot de Suresnes, seront expulsés vendredi 14 avril, en Albanie, si rien n’est fait pour arrêter une décision qui les envoie très certainement vers les violences et peut-être la mort.

Ils ont été placés en rétention au Centre du Mesnil Amelot le 20 mars 2017 par la préfecture du 95 sur la base d’une OQTF du 16/03/2016 qu’ils avaient contestée avant le placement en rétention. Expulsés, ils laisseront Rudina Satellari, la mère, et leur fils plus jeune, Arjan, 12 ans, scolarisé en 4ème au Collège Jacqueline Auriol de Boulogne Billancourt, dans la détresse et l’angoisse.

Cette famille a subi violences et agressions dans son pays en raison de ses origines. Elle fait en effet l’objet de deux vendettas. Le premier litige est un conflit foncier (confiscation de terres, restitution, plaintes et représailles successives se soldant par la mort de deux hommes de la famille) impliquant depuis 1993 la famille de son épouse (famille RABUSHJA). Malgré la décision de justice favorable en 2012 à la famille RABUSHA, le conflit n’est pas éteint.

La seconde vendetta est née de l’histoire d’amour entre Kristjan SATELLARI (fils aîné de Fatmir) avec une jeune Albanaise, Kristina. La famille de Kristina s’y est opposée en raison des origines égyptiennes de Kristjan et lui ont interdit de le voir.

Le 27 juillet 2012, Kristjan “enlevait” sa petite amie (consentante !). Le 30 juillet, la jeune fille était ramenée de force chez elle par ses parents tandis que Kristjan était violemment battu. Enfermée chez elle, Kristina se suicidait le 4 août 2012. Kristjan tentait à son tour de mettre fin à ses jours et devait être hospitalisé. Les violences entre les deux familles se sont poursuivies,

Kristjan tabassé, et laissé pour mort. Son père, Fatmir SATELLARI, le défendant au cours d’une violente bagarre était aussi hospitalisé.

Ses agresseurs arrêtés par la police…ont été libérés trois jours plus tard.

Ne supportant plus cette succession de violences, Rudina SATELLARI et ses trois enfants ont quitté l’Albanie le 4 mars 2013. Fatmir les rejoignait en France le 16 mai suivant.

Les violences n’ont pas pour autant cessé en Albanie, l’oncle paternel de Kristjan qui occupait l’ancien domicile de SATELLARI était à son tour violemment agressé par les membres de la famille de la jeune fille décédée.

En dépit des très nombreuses pièces versées au dossier (certificats médicaux, témoignages, article de presse), l’asile a été refusé à la famille SATELLARI, comme il l’est à 80% des demandeurs.

Leur expulsion est programmée pour vendredi 14 avril, dans un pays où la pratique de la vendetta est en constante expansion, s’étendant à la famille élargie, une pratique que reconnaît paradoxalement l’OFPRA dans son rapport de mission en 2014 « Un sang pour un sang »

Renvoyés en Albanie, Kristjan et sa famille sont en danger. Ils doivent être protégés et obtenir le droit de vivre sereinement dans ce pays et y reconstruire leur vie.