Programme Macron : le leurre Hollande 2012 bis repetita... en encore plus ultralibéral

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Tel père, tel fils (en pire !)

Pas pour rien qu’Emmanuel Macron fut secrétaire-adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie sous le quinquennat Hollande. Le programme qu’il vient de présenter ressemble à s’y méprendre à celui de l’ex-« ennemi de la finance ». Mais avec une différence de taille : le mesures ultralibérales pures et dures n’y sont même plus dissimilées derrière les leurres habituels et les vœux pieux dont on sait qu’ils le resteront.

Les leurres

  • « Grande loi de moralisation de la vie politique » : on en rigolerait presque quand on a vu ce que Hollande en a fait (affaire Cahuzac) et quand on connaît les casseroles financières que traîne le nouveau candidat chéri de l’oligarchie… et sans doute un peu du Parquet national financier peu empressé d’y mettre le nez.
  • Extension du régime des retraites aux Indépendants et aux agriculteurs : l’appeau classique, mais toujours éphémère, pour s’attirer les votes de ces catégories sociales.
  • 15 milliards d’investissement dans la « transition écologique » : on parie que la “transition écologique” n’en verra pas la queue d’un ?

Les vœux pieux

  • Prime de 15.000 euros sur 3 ans aux entreprises qui embaucheraient en CDI des « quartiers prioritaires ».: sûr que les entreprises vont sauter sur cette famélique carotte !
  • Lutte contre le chômage par un plan d’investissement de 50 milliards d’euros dont 15 milliards pour la formation des chômeurs et jeunes sans qualification : des chiffres, des chiffres et à la fin de vagues stages destinés surtout à faire baisser les statistiques des demandeurs d’emploi.
  • Création d’un ministre de l’Économie européen, d’un parlement économique européen et d’un budget européen : mesures européistes qui présentent l’inconvénient de devoir d’abord être approuvées par les 26 autres États membres de l’UE ! Mais Macron a un plan pour y parvenir : offrir sur un plateau les réformes exigées par les oligarques européens de Bruxelles ; en clair, transformer la France en champ de bataille à la grec, sans plus aucunes possibilités de décisions politiques nationales souveraines.

Les mesures ultralibérales dures

Alors là, on a l’embarras du choix !

  • Fin des régimes spéciaux de retraite : « harmonisation » des différents régimes de retraite, évidemment par le bas.
  • 120.000 postes de fonctionnaires supprimés (tout en créant — vœu pieux en forme de leurre — 5.000 postes d’enseignants et 10.000 postes de policiers et gendarmes !) : ils vont le prendre où le solde des 105.000 supprimés ? Dans les höpitaux ?
  • Réforme de l’indemnisation chômage : les chômeurs ne pourront plus refuser plus d’une proposition de Pôle emploi… qui pourra leur proposer n’importe quoi et n’importe où !
  • Exonération de la taxe d’habitation : miroir aux alouettes tendu aux électeurs… mais précarisation renforcée des collectivités locales déjà sevrées des aides de l’État.
  • Renforcement des accords d’entreprise et de branche avec possibilité d’assouplissement du régime des 35 heures : en clair renforcement de la loi Travail dite “El-Khomri”.
  • Baisser l’impôt sur les sociétés privées de 35 à 25% : cadeau aux entreprises… et à la Commission de Bruxelles !
  • Transformer l’ISF en « impôt sur la fortune immobilière » : cadeau à la finance et aux actions boursières qui en seront exemptées.

On reconnaît dans tout ceci la patte de la garde rapprochée du candidat télévangéliste, et tout particulièrement celle d’Attali. Les électeurs sont en tout cas prévenus : se feront-ils enfin “dégagistes” ou toujours et encore veaux couillonnés ?