Paris : la police empêche de nourrir les réfugiés près de la Porte de la Chapelle

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Après la destruction des campements, après la confiscation des couvertures et vêtements chauds, après la pose de clôtures, après le dépôt de pierres, l’interdiction de nourrir les réfugiés.

Paris, Porte de la Chapelle, jeudi 16 février, 8h30. Une nouveauté. Les policiers interdisent la distribution habituelle d’un petit déjeuner aux réfugiés devant le centre humanitaire et donnent deux amendes à 135 euros pour stationnement gênant.

« Comme d’habitude, je suis allée voir les policiers présents sur place pour nous signaler et déterminer l’endroit de la distribution. » Mais cette fois, rien ne se déroule comme prévu : « Le policier m’a répondu : “non c’est pas possible, on a des ordres de la préfecture,” en me brandissant un papier officiel. Il m’a détaillé tous les endroits décrits comme interdits à la distribution. »

Les bénévoles vont se cacher plus loin pour faire la distribution et trois cents réfugiés (on le sait par le nombre de gobelets utilisés) réussiront à les trouver.

« Nos interventions qui relèvent simplement du simple bon sens humanitaire sont chaque jour plus difficiles, et nous voulons simplement pouvoir continuer tant que la question n’est pas prise en charge par les autorités publiques comme il nous semble qu’elle devrait l’être. Qu’en attendant on permette au moins aux gens de dormir, de se protéger de la pluie, de boire de l’eau et de manger. »

Deuxième nouveauté. Les réfugiés admis en accueil de jour à l’intérieur du centre humanitaire (ne pas rire jaune en lisant ce mot) n’ont plus rien à manger ni à boire. Ils passent toute la journée le ventre vide. Mercredi 15 février une famille a été accueillie toute la journée et les enfants n’ont même pas eu une bouteille d’eau !

« On parle de donner un petit déjeuner chaud à des personnes qui ont passé la nuit dehors. Certaines sont là depuis des semaines, voire des mois, on les aide à tenir le coup, ce n’est quand même pas le bout du monde ! On a le sentiment que l’on ne veut surtout pas que les migrants deviennent visibles, quitte à les empêcher de manger. »

=> Rassemblement de soutien au collectif Solidarité migrants Wilson samedi 18 février à 10h devant le centre de La Porte de La Chapelle.

Tu peux aussi aider les bénévoles qui agissent sur le terrain en participant à cette cagnotte : https://www.leetchi.com/c/solidarite-migrants-wilson