Le Grand jeu : mistral perdant, états d'âme et autres nouvelles

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S’il existe un symbole de l’euronouillisme, c’est bien le Flamby élyséen. Président français le plus vassal des États-Unis de l’histoire, constamment aux basques d’Obama ou de Merkel, quand ce n’est pas des Saoudiens, il a suivi docilement toutes les directives du système impérial, sur l’Ukraine, la Syrie, l’Iran…

En 2015, il avait donné un coup de triple menton en annulant la livraison des deux navires Mistral à la Russie tout en remboursant le milliard déjà reçu. Oui mais voilà, on a appris il y a quelques jours que le savoir-faire français, lui, était bien arrivé sur les bords de la Volga et ce pour zéro kopecks :

« L’opération a tout d’un fiasco. Alors que la France avait, en 2015, finalement décidé de ne pas livrer à la Russie les deux navires Mistral que celle-ci avait commandés, il semblerait que Moscou ait tiré tous les bénéfices de cette volte-face.

C’est en tout cas ce que laissent entendre les propos, rapportés par Le Canard enchaîné, d’Alexey Rakhmanov. Le président des chantiers navals russes (OSK) s’est en effet félicité, le 29 décembre dernier, d’avoir acquis le “savoir-faire” français. “Si l’on tient compte du fait que la France a restitué à la Russie l’argent payé pour la construction des navires, ce savoir-faire nous a été transmis pour rien”, a-t-il ainsi ironisé.

Résultat : OSK s’apprête à construire ses propres porte-hélicoptères, qui devraient ressembler comme deux gouttes d’eau au Mistral. »

A vrai dire, ce n’est guère surprenant et nous évoquions déjà le projet russe en juillet 2015, notre source se posant la question des transferts de technologie. C’est maintenant plus ou moins officiel. L’épisode polonais des Caracal ne venant que mettre un peu plus de sel sur la plaie de Flamby, roulé par devant comme par derrière…

À cette occasion, la “trahison” de Varsovie avait démontré une fois de plus l’inanité de l’Union soviétique européenne et c’est un « Européen convaincu mais meurtri » (est-ce un pléonasme ?) qui souhaite maintenant, après le Brexit, un Polxit, Hongrexit, Bulgxit… Catalogue des états d’âme européistes de Paul Magnette :

Cette période est aussi celle qui mène aux élargissements de l’Union européenne, une erreur ?

D’un point de vue géopolitique, il fallait faire ces élargissements. Le problème, ce sont les conditions qu’on y a mis qui étaient très faibles. Il aurait fallu dire: il faut un jour entrer dans l’euro, on va vous aider — et vous forcer — à atteindre les conditions économiques, à faire de la convergence. Au lieu de ça, on s’est dit: les travailleurs (roumains, bulgares, polonais, hongrois…) vont aller là où on manque de travail, en Europe occidentale. Et le capital (français, allemand…) va aller là où on manque de capital, en Europe centrale.

C’est précisément ce qui s’est passé.

Oui, du point de vue de l’économie abstraite, c’est formidable : les facteurs s’allouent naturellement là où ils doivent aller. C’est la magie de la main invisible. Sauf que pour les gens, c’est brutal. Dans nos pays, ça déstructure complètement les systèmes de sécurité sociale. Et pour les pays d’Europe centrale, c’est une catastrophe : la Roumanie a perdu les 15% les plus jeunes et les plus costauds de sa population ! Et les conséquences politiques sont dramatiques. On est dans un moment de désintégration politique complet. Jusqu’ici l’Europe n’avait jamais reculé, là elle recule. Et ce n’est pas fini à mon avis.

L’Europe recule : vous ne parlez pas seulement du Brexit ?

Non, qui croit encore en l’Europe aujourd’hui ? Moi qui suis un fédéraliste meurtri et un peu désespéré, quand je parle à des étudiants, l’Europe ne représente plus rien pour eux. Par contre elle représente pour tous les perdants de la mondialisation, la cause de tous les problèmes. Donc elle est en train de se désintégrer. Les gens ne le voient pas encore, mais c’est comme un feu de cheminée : ça a pris, c’est invisible, mais à un moment donné, on le verra. Et le Brexit en est le premier symbole. (…)

Trump, Erdogan, Poutine : l’Europe est entourée de leaders qui lui cachent peu leur hostilité. Que peut faire l’Europe à court terme pour reprendre pied ?

À court terme, rien. Que Federica Mogherini ne se fâche avec personne, c’est la moindre des choses qu’on puisse faire pour le moment. Laissons faire le Brexit, après on pourra discuter.

Quel scénario pour l’Europe après le Brexit, dans un horizon de 25 ans ?

J’imagine bien le Brexit être suivi par un Polxit, un Hongrexit, un Roumaxit, un Bulgxit… Si on arrive à négocier un accord dur mais équilibré entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, certains pays se diront qu’un modèle à la britannique est enviable. Donc la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie – et peut-être le Danemark et la Suède – sortent de l’Union et nouent des accords commerciaux ou de partenariat.

Tangue, l’empire, tangue… Certes, l’esprit honnête et curieux qui prend ses informations sur les sites alternatifs (dont celui-ci) n’est en rien surpris. Mais que ces idées soient désormais reprises publiquement par les eurocrates eux-mêmes en dit long sur le blues de l’UE… et des peuples dont elle est (théoriquement) en charge.

Une intéressante étude mondiale d’Ipsos a d’ailleurs posé une simple question aux habitants de 25 Etats : Dans votre pays, les choses vont-elles dans la bonne ou mauvaise direction ? Le résultat est sans appel :

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Le curieux cas saoudien mis à part (les sondeurs se sont-ils contentés d’interroger la camarilla princière alors que le pays s’enfonce financièrement ?), on retrouve trois BRICS aux trois premières places, les deux autres - Brésil et AfSud - étant tout de même en queue de peloton. Chine, Inde, Russie, les trois pôles de l’Eurasie, futur du monde… Quant aux membres de l’UE, c’est la soupe à la grimace, la France flambysée battant presque tous les records.

=> Le Grand jeu