« Vous regrettez ce que vous avez fait ? Non, pas du tout. » Monument en l'honneur de Claire Marsol

Photo
Claire Marsol (à gauche)

Les valeureux de notre temps. Ceux que nos petits-enfants honoreront en gravant leurs noms sur les monuments du futur. #8 Claire Marsol

13 juillet 2015. Des militants de l’association Habitat et citoyenneté constatent que la routine policière en gare de Nice se tamponne de la loi. Contrôles systématiques au faciès et expulsion d’enfants isolés vers l’Italie.

C’est bien beau de manifester pour les droits de l’homme mais ça reste abstrait. Et il y a devant les locaux de la Police de l’air et des frontières deux gamins que la police vient de refouler bien qu’ils aient leurs billets de train pour Dijon et Paris où ils ont des connaissances. Claire Marsol est volontaire pour les conduire avec sa voiture à la gare d’Antibes.

À Antibes, suite à la dénonciation d’un agent de la SNCF nostalgique des trains de 1942-1944 qui transportaient nos indésirables vers une destination irréprochable, Claire est arrêtée. Menottes. Garde à vue. Perquisition de son domicile. Séjour dans une cellule dont l’état fait tout l’honneur de notre République. Comme en 1942. Où l’on ne s’arrêtait pas parce que la dame a soixante-douze ans.

Claire Marsol  a expliqué au tribunal avoir agi « pour préserver la dignité et l’intégrité physique de ces personnes ». Elle a été condamnée, le 18 décembre 2015, à 1500 euros d’amende par le tribunal de Grasse pour avoir facilité le séjour et la circulation de deux enfants en situation irrégulière.

— Vous regrettez ce que vous avez fait ?

— Non, pas du tout, je regrette seulement que ça n’aie pas marché.

Tu vois, y a rien à faire contre la conscience des braves gens. Et tenter de faire peur à une dame de soixante-douze ans est inutile. Rassurons nos lecteurs. Le gamin et la gamine sont arrivés à bon port. Un peu plus tard.

Toi Claire Marsol, quand tu mourras / Quand le croque-mort t’emportera / Qu’il te conduise à travers ciel / Au père éternel.