Débat : suicide de la gauche ou clarification ?

ILLUSTRATION

La présidentielle française s’approchant, les points de vue des auteurs de ce site vont  forcément faire apparaître quelques nuances. Ces différences sont présentées dans la catégorie “Débat”. Après celui sur le soutien du PCF à Jean-Luc Mélenchon, en voici un autre à propos de la multiplication des candidats se réclamant de la gauche. Suicide pour l’un, clarification pour l’autre.

Un suicide en direct, par BA

Élection présidentielle : pour le premier tour :

À gauche, il y aura 7 candidats :

  1. Lutte ouvrière (LO) : Nathalie Arthaud
  2. Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : Philippe Poutou
  3. La France insoumise et Parti communiste français (PCF) : Jean-Luc Mélenchon
  4. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : Yannick Jadot
  5. Parti radical de gauche (PRG) : Sylvia Pinel
  6. En marche ! : Emmanuel Macron
  7. En plus de ces six candidats, il y en aura un septième : celui qui sera choisi avec la primaire à gauche.

Le septième candidat sera :

  • Arnaud Montebourg 
  • ou Benoît Hamon
  • ou Marie-Noëlle Lienemann
  • ou Gérard Filoche
  • ou Jean-Luc Benhamias
  • ou François de Rugy
  • ou François Hollande

Conclusion :

Avec sept candidats différents, la gauche a choisi de se suicider.

Une clarification politique, par Pierrick Tillet

Bon d’accord, sept candidats à gauche, ça fait désordre. Mais à y regarder de plus près, on sera bien plus nuancé et on verra apparaître les lignes de force de la future recomposition politique à gauche (la vraie !).

D’abord, éliminons les deux candidatures rituelles de témoignage, celles de Lutte ouvrière et du NPA ; ceux-là feront comme d’habitude leur petit 1% et retourneront dans l’ombre.

Ensuite, distinguons nettement une différence entre le seul candidat d’opposition (Jean-Luc Mélenchon) et les quatre candidats de gouvernement, cad ayant toujours soutenus peu ou prou les propositions du gouvernement Hollande.

Enfin, remarquons une autre différence essentielle séparant ces deux groupes : les programmes ; avec en particulier l’opposition de plus en plus évidente entre souverainistes et européistes. Jean-Luc Mélenchon fait un net pas (insuffisant mais net : son plan B) vers la souveraineté nationale ; les quatre autres restent englués dans leur européisme étouffant.

Dès lors, la clarification se fait surtout au sein du camp des candidats de gouvernement et se traduit par une explosion du camp social-démocrate. Gageons que réduit en miettes comme partout ailleurs (Grèce, Espagne, Allemagne…), ceux-là se réfugieront d’abord dans une coalition de survie avec la droite de gouvernement. Puis disparaîtront comme les radicaux des Troisième et Quatrième républiques.

En attendant, les candidats sociaux-démocrates ont plus de chances de mordre sur l’électorat de droite et du centre (Macron, par exemple) que sur celui de la vraie gauche. Et le suicide ne concerne que leur camp.

Ainsi vont les décantations politiques : un peu longues, douloureuses, mais incontournables.