Argument France insoumise : écologie et survie

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C’est la survie de l’espèce humaine comme de bien des espèces qui est en jeu aujourd’hui. Cette menace est bien prise en compte dans le programme de Jean-Luc Mélenchon.

Le hérisson hiberne pendant l’hiver. Ça lui évite de rechercher une nourriture devenue rare. Mais le hérisson vit alors sur ses réserves. Ce qui suppose d’avoir des réserves. On estime qu’un poids de deux-cents grammes lui est un minimum pour entamer l’hiver avec quelque chance de survie.

Et voilà qu’on recueille par l’un des premiers jours froids une portée de cinq petites boules dont la balance annonce seulement soixante grammes. Qu’à cela ne tienne, ils passeront tout l’hiver au chaud dans une pièce de la maison. Une portée de hérissons, c’est comme une portée de chatons. De charmantes petites bêtes qui adorent les câlins — sur le nez, c’est bien, sous le ventre, c’est divin — et qui jouent tout le temps quand ils ne dorment pas.

Je te conseille seulement de ne pas héberger un hérisson dans ta chambre. C’est un animal nocturne. Et tu n’imagines pas du tout le raffut invraisemblable que peut faire une si petite bête.

Par un jour de gel on trouve un hérisson rouquin bien mal en point. Il est couvert de puces et de tiques. Bain bien chaud. Ça, c’est bon ! Avec shampoing, notre héros n’aime pas trop, mais ses puces encore bien moins. Et puis on lui enlève ses tiques — on en enlèvera pendant trois jours — avant de le poser sur une bouillotte chaude. Ouaouh ! Alors ça, c’est bon, quand on est un hérisson transi de froid ! Notre bête se détend et étale bien son ventre sur la bouillotte pour profiter au mieux de la chaleur.

Après s’être réchauffé les os à cœur, un solide casse-croûte est le bienvenu. Et ce hérisson s’est révélé doté d’un appétit gargantuesque. Il a mangé et roté à en être quasi-obèse en fin d’hiver.

Si le hérisson s’apprivoise très facilement, il ne s’imprègne pas. Le printemps venu, tu le relâches dans la nature où il va retrouver aussitôt son instinct et sa vie de bête sauvage.

J’ai ainsi hébergé des générations de hérissons. Alors tu imagines combien ça m’a chagriné d’apprendre que notre hérisson est menacé de disparition. On accuse la voiture et c’est vrai que beaucoup meurent sur les routes. Mais cela n’a guère changé depuis des années. On accuse aussi Gitans et Manouches qui mangent du hérisson. Mais ce prélèvement est dérisoire et ne cesse de baisser. On accuse aussi les pesticides et c’est la raison fondamentale de la menace d’extinction. On ne trouve plus guère de hérissons en campagne mais seulement dans les jardins de ville.

Le programme de Jean-Luc Mélenchon s’occupe même des hérissons

L’avenir en commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon, propose un vaste plan de développement de l’agriculture biologique, propose d’interdire tout de suite les pesticides les plus dangereux et de limiter férocement l’emploi des autres. Et c’est notamment pour cela que j’incite à voter Mélenchon.

— Bah Partageux, tu es bien naïf, tu crois que Mélenchon tiendra ses promesses ?

— Mais c’est en nous que j’ai confiance ! Si Mélenchon est élu, je serai au premier rang des agitateurs, en tête de manif, fomenteur de grèves, occupeur de locaux, bloqueur de nœud routier et d’accès au centre commercial ou à la raffinerie. Tu ne peux mesurer à quel point je pourrai emmerder ma députée. Et nous serons nombreux. Comme au temps du Front populaire où c’est la foule qui a fait pression sur le gouvernement. C’est le peuple qui a contraint à faire ce qui n’était même pas au programme des élus.

1981. Le parti socialiste demande de « ne pas gêner l’action du gouvernement ». C’est ça, l’énorme bêtise ! Un gouvernement, c’est un serviteur, c’est notre bourricot. On tire devant, on pousse au cul. Carottes et coups de trique. Mon grand-père avait des juments qu’il n’aurait jamais maltraitées. Mais il avait une longue baguette fine qui fouettait l’air en sifflant en dessus de leurs oreilles. Un gouvernement avance comme les juments de mon grand-père. Toujours brandir la menace de la trique ! Toujours !

C’est en nous tous que j’ai confiance.


La chanson du jour : « On vient du fond des âges d’avant les présidents. » Gilbert Laffaille chante “Le président et l’éléphant”.