13 juillet 2008
Feuilleton de l'été : VIVRE MALGRÉ TOUT (1)

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« La seule raison d’être d’un être, c’est d’être. C’est-à-dire de maintenir sa structure, de se maintenir en vie. Sans cela, il n’y aurait pas d’être. »
« Contrairement aux plantes qui se maintiennent en vie sans se déplacer, les animaux, eux, donc l’homme qui est un animal, sont forcés d’agir à l’intérieur d’un espace. »
« Pour se déplacer dans un espace, il faut un système nerveux. Ce système nerveux va agir sur l’environnement et dans l’environnement. Et toujours pour la même raison : assurer la survie. Si l’action est efficace, il va en résulter une sensation de plaisir. »
« Ainsi une pulsion pousse les êtres vivants à maintenir leur équilibre biologique, à se maintenir en vie. Et cette pulsion va s’exprimer dans quatre comportements de base : un comportement de consommation, un comportement de la récompense, un comportement de la punition, un comportement d’inhibition. »
« Un cerveau, ça ne sert pas à penser, mais à agir. »
« Il y a un premier cerveau, le cerveau reptilien, qui déclenche les comportements de survie immédiate : boire, manger, copuler… Nos pulsions sont toujours celles, très primitives, du cerveau reptilien. »
« Dès qu’on arrive aux mammifères, un second cerveau s’ajoute au premier : le cerveau de l’affectivité, ou plutôt de la mémoire. Sans mémoire de ce qui est agréable, de ce qui est désagréable, il n’est pas question d’être heureux, triste, angoissé, il n’est pas question d’être en colère, amoureux… On pourrait presque dire qu’un être vivant est une mémoire qui agit. »
« Et puis un troisième cerveau s’ajoute aux deux premiers, qu’on appelle le cortex cérébral. Chez l’homme, il a pris un développement considérable. On l’appelle aussi cortex associatif car il associe les voies nerveuses, sous-jacentes, qui ont gardé la trace des expériences passées. Il les associe de façons différentes de celles où elles ont été impressionnées au moment même de l’expérience. C’est à dire qu’il, l’homme, va pouvoir créer, réaliser, un processus imaginaire.”
« Le cerveau de l’homme, c’est trois cerveaux superposés. »
« Ces trois étages du cerveau devront fonctionner ensemble. Et pour se faire, ils vont être reliés par des faisceaux. L’un, on peut l’appeler le faisceau de la récompense. Par exemple, la caresse d’une mère à son enfant, la décoration qui va flatter le narcissisme d’un guerrier, les applaudissements qui vont accompagner la tirade d’un acteur. Eh bien tout cela libère des substances chimiques dans le faisceau de la récompense qui aboutira au plaisir de celui qui en est l’objet.”
« L’autre, on l’appelle le faisceau de la punition. C’est lui qui va déboucher sur la fuite, ou la lutte. »
« Un autre encore est celui qui va conduire à l’inhibition de l’action. »
1. Les trois cerveaux
2. Les autres
3. Punition
4. Le mur du langage
5. Inhibition de l’action
6. L’inconscience

Commentaires
Note du Y : le texte de ce "feuilleton", comme l'indiquent les guillemets, n'est pas de moi.
Le nom de l'auteur sera révélé dans le générique final.
NB : je demande à ceux qui découvriraient l'origine de ce texte de ne pas vendre la mèche immédiatement et de jouer le jeu, SVP.
Enfin! Merci, Yéti, de redonner la parole à celui qui avait tout compris et explicité il y a plus de trente ans. Conscience, Connaissance, Imagination, disait-il, devrait remplacer Liberté, Egalité, Fraternité sur le fronton des nos édifices publics. "Conscience des déterminismes, connaissance de leurs mécanismes, imagination permettant de les utiliser au mieux de la survie de l'ensemble des hommes vivant sur la planète. Conscience et connaissance sont déjà les fondements de la tolérance, et celle-ci est bien proche de la fraternité."
Salut Yeti : j'espère que ton feuilleton va pas durer jusqu'à la fin de l'été, parce que je suis vraiment pressée de voir où tu veux en venir avec ton analyse de la résignation ?! ( = vivre malgré tout ?!).
Aujourd'hui quand on étudie un peu tout se qui tourne autour des "addictions", on en passe par cette approche des 3 cerveaux, avec même des images toutes rouges de confusion du centre de la récompense là quelque part dans notre cerveau, quand on le stimule avec n'importe quoi qui nous fasse du bien.
Aujourd'hui politiquement parlant, on peut pas dire qu'à gauche (beurk, finalement, mais ça n'engage que moi, ici et maintenant), notre centre de la récompense soit particulièrement stimulé. Plus de dopamine, plus d'endorphine. Rien.
Et en ça (moi, surmoi), c'est dramatique.
C'est dramatique.
C'est dramatique.
Oui, je me répète, mais, enfin bon....
(et avec retard, beaucoup de bonheur et félicitations pour la petite Julia !)
"analyse de la résignation" ?!
"Vivre malgré tout", c'est un titre de LA RÉSIGNATION ? Ceux qui ont décidé de vivre malgré toute l'horreur des camps de concentration auxquels ils avaient échappé, étaient RÉSIGNÉS ? Ceux qui s'efforcent de vivre au mieux malgré la maladie sont RÉSIGNÉS ? Ceux qui veulent absolument vivre malgré les conditions déplorables qu'on leur offre aujourd'hui, malgré les freins d'une éducation asphyxiante, malgré le poids étouffant des religions sur le retour, sont RÉSIGNÉS ?
Bon, bon, Dominique, relis peinard l'épisode 1, attends voir les épisodes suivants, et on en recause.
(PS : Julia va bien, mais ne s'est toujours pas "résignée" à faire ses nuits, la petite vache ! Enfin bon, ça n'est pas moi la mère, ni le père !)
P'tain, heureusement que j'ai mis les points d'interrogations, boudiou ! Bon, merci pour cet éclairage, je re-lis en pleine lumière, mon Yeti ( que j'aimeuh).
Excellente re-découverte! Merci, pour ces chouettes "devoirs" de vacances.
Comptine de circonstance:
"Vive les vacances
Plus de pénitence
les
cahierspapiers au feuLes Maitres au milieu!" Allez comprendre!!!
Bonjour aux Yétophiles
Des "malgré-tout" pas du tout résignés: http://malgretout.collectifs.net/
(Au passage sur ce site, un gueulante signable contre le projet "Edvige"...)
Hop
bon, j'ai signé aussi.
Toutes ces pétitions ça ne sert à rien, si ce n'est à garder les consciences en éveil. Mais il faudrait faire autre chose. Quoi ?
@Roland

% Je crois que la réponse théorique est décevante : ce qu'on peut.
Qui n'est pas forcément ce qu'on rêve, mais qui se cache parfois dans ce qu'on néglige.
Vois : l'accroissement indéniable de l'ombre qu'un mien cerveau pas trop exclusivement reptilien perçoit à coup sûr comme une suite d'insultes depuis quelques années déjà m'a incité au rapprochement avec ma petiote.
Moins négligent, je "vigile" plus sur ce qui tourne autour de son lycée, par exemple. Du coup je la mets en garde, et tente de l'inviter à un surcroît de conscience politique;
Que vaut-ce ?
Je l'ignore, l'investissement n'est pas pour moi, mais ça fait partie de ce que je peux.
Ce n'est qu' un exempluscule, mais j'en ai plein depuis quelques années.
Serendipity, oser trouver autre chose que ce qu'on a prévu ou ce qu'on croit chercher, garder l'oeil vif, tenir au chaud les amours qu'on sait encore constituer ou nourrir, lire, créer des liens.
Oser aussi mettre en veilleuse nos vieilles habitudes de chercher "LA" solution, "LE" parti, etc
Voilà un genre pistes ...
(Ne pas oublier de joindre des "peut-être", du silence, de la rêverie, et autant, que possible, du temps deshérant et errant ...)
Sur le site que j'ai mentionné, il y'a une intéressante mise en perspective philosophique ("30 questions...") de ce que peut être l'action (libertaire) d'aujourd'hui. Le site pointe aussi sur des vidéos de Benassayag sur TV Bruits ...
Je le mentionne parce que je trouve quelque chose d'encourageant et dynamisant chez cet homme-là ...
Bonne idée ce feuilleton : c'est exprimé très clairement, ça me donne envie de rouvrir de vieux bouquins... Merci à toi Le Yéti. Et à plus.
Tiens v'là du cerveau : http://tous-ensemble.dyndns.org/