08 mai 2008
LE POIL DE LA BÊTE
J’avoue qu’en ce moment, il faut avoir le moral bien accroché pour se sentir un mental de résistant (pour reprendre l’expression de Grand Corps Malade). Et, à en croire mes visites journalières sur leurs derniers billets, ça ne m’a pas l’air non plus d’aller au mieux chez mes potes de la blogosphère. Notre colère s’est muée en cris de désespoir et d’impuissance.
Sensation de tourner en rond, de rabâcher en pure perte. D’aucuns rentrent dans leur cocon. D’autres réduisent le rythme de leurs parutions. Certains abandonnent et passent à autre chose. Je comprends d’autant mieux cette détresse que je ne me sens guère plus fringant.
Impression obsédante, pourtant, de l’impérieux impératif de reprendre du poil de la bête.
Il est clair que nous traversons une période vacharde. Le gros navire que nous rêvons tous de couler s’enfonce évidemment beaucoup moins vite que nous l’espérions. L’Empire a encore quelques restes sinistres à faire valoir. Le gros de l’équipage est tétanisé. Le corps des “officiers” aux commandes continue de saccager tout ce qui peut l’être.
Nous n’en pouvons plus d’attendre l’épilogue de cette interminable désagrégation. D’où cette impression fâcheuse de tournage en rond et de coups portés dans le vide.
Et de solitude. Car même si nous continuons à nous entre-réconforter, chacun sait bien qu’il est livré à lui-même.
Une chose me passe par la tête : au début des années 40, les quelques rares résistants qui ne se résolvaient pas à l’inacceptable, devaient se sentir aussi bien seuls. Et le temps devait leur paraître bien long. Et bien décourageante la foule des veaux pétaineux agitant leurs misérables drapillons. Ou jouant les autruches en regardant ailleurs.
Les gestes de ceux qui luttaient alors contre l’oppression et la honte, étaient bien modestes. Un clandestin subtilisé à la déférente zélitude des policiers français pour l’occupant. Un enfant juif recueilli dans une famille de huguenots. Je ne peux m’empêcher de penser au travail tenace abattu aujourd’hui par les anonymes de RESF.
Quiconque me dirait que les circonstances sont différentes a ma main sur la gueule. Nous sommes désormais dans l’œil du cyclone. C’est notre planète toute entière qui est menacée. Fou celui qui n’en a pas conscience. Seuls ceux qui garderont leurs nerfs pourront espérer être utiles à quelque chose. Il va, je crois, falloir nous armer d’une arme précieuse qui nous fait parfois un peu défaut : la patience.
Car les données de notre analyse n’ont pas changé. L’Empire n’est pas plus viable que le régime nazi d’autrefois aux ambitions bouffies. Comme son prédécesseur, comme toutes les entreprises impérialistes de l’Histoire, la multiplication des fronts le fragilise. Leur système économique se bouffe la queue, emporté par une logique absurde dénoncée même par la voix de quelques-uns des leurs.
Parviendraient-ils à reculer l’échéance par quelques-uns des stratagèmes tordus dont ils ont le secret, qu’ils ne pourraient éviter le courroux d’une Nature qu’ils ont cru bon d’offenser en en détruisant dramatiquement les ressources. De ce côté-là, il n’y a même pas à réfléchir : l’affaire est pliée.
Cela ne nous dit pas dans quel état nous allons en sortir. Ni même si nous en sortirons. Mais est-ce le sujet ? Est-ce là l’important ?
En écrivant ces quelques lignes, j’ai l’impression d’une chrysalide d’incertitudes qui se déchire, d’une clarté qui se fait. Le chemin à suivre s’impose d’évidence. Nous ne devons pas laisser notre entendement se brouiller, l’accablement nous terrasser.
Le but n’est pas, n’est plus, de se demander quelles sont nos minces chances de succès ou non, de nous compter en désespérant d’être si peu nombreux, de contempler le troupeau des soumis en versant des larmes de rage. C’est comme ça, c’est tout. Notre seul souci devrait être de faire le boulot que nous pensons juste en profitant des moindres occasions, sans même nous poser la question de sa viabilité.
Les foyers d’insatisfaction se multiplient, avides d’une étincelle. Nous disposons d’armes nouvelles comme Internet, les nouveaux moyens de communication et d’échanges. Ne sont-ils pas venus à bout d’une industrie aussi puissante que celle du disque ou même du cinéma ? Ne sont-ils pas en train de tailler de sévères croupières à une presse bourgeoise moribonde.
Encore une fois, je ne voudrais pas verser dans un optimisme angélique et benêt. Ni l’optimisme, ni d’ailleurs le pessimisme, ne devraient diriger nos comportements. Vivre, tout simplement. Avec une bonne petite dosette de stoïcisme têtu.
Et si nous devons perdre, alors au moins que ce soit avec panache. Arrête-t-on de vivre parce que nous savons qu’inéluctablement, un jour, nous serons mort ? Vu le bordel que nous sommes capables de foutre pendant notre petit passage terrestre, j’en doute. Essayons de semer le nôtre à bon escient. C’est tout.

Commentaires
Je ne dirai rien. En quelque sorte. Ce n'est probablement pas moi qui amènerai à une quelconque révolte, ou plutôt qui la mènerai. J'ai lancé des graines germées à plusieurs endroits, j'ai mal aux dents, je crie "ça va chier".
Je vis, je perturbe les gamins, je distribue des graines, j'encourage les consommateurs et les animaux...
Je fais de la voix dans les choeurs, Je crois que c'est tout.
"Notre colère s'est muée en cris de désespoir et d'impuissance."
Il y a aussi la foule de tous ceux qui se sont tus et qui attendent en silence.
Ca s'approche.
C'est vrai qu'en ce moment, je tourne en rond comme un lion en cage. La situation se dégrade à vitesse grand V. et aujourd'hui, c'est ma capacité même à continuer qui est menacée. Et comme j'ai le sentiment diffus que je ne suis pas la seule à couler...
@ Agnès
Pour tout te dire, c'est après avoir lu ton dernier billet que s'est imposée l'idée de celui-ci. Mais soyons franc, il a été longuement mûri par mes propres désarrois (mon billet Sauve-qui-peut que j'ai préféré supprimer). Et puis le Swâmi qui me la bat un petit peu froid en ce moment (mais c'est pas grave, je l'ai peut-être cherché), et puis le Fontenelle qui a une extinction de plume depuis déjà trois longues semaines. Et puis... Et puis, comme dit Rev, "il y a aussi la foule de tous ceux qui se sont tus et qui attendent en silence".
Bon, le mieux est qu'on essaie de se remettre un peu les neurones en place, tu ne crois pas ? Je ne sais pas toi, mais moi, quand j'ai le moral en papier bouilli, je cours sur la grève voir les sternes et écouter le vent. Et puis finalement, à l'heure qu'il est, on est vivant. Je crois savoir que certains d'entre nous sont aux ras des pâquerettes question matériel. Mais sauf erreur ,tout le monde mange (et, j'espère, boit un peu). Après tout, nous ne pouvons être comptables de toute la misère et de la stupidité du monde.
Tiens, me revient en tête un truc que j'employais autrefois (et emploie toujours, et conseille à mes enfants et à mes amis d'employer) : chaque soir, juste avant de dormir, trouver le tout petit instant jubilatoire de la journée qui justifie l'existence d'icelle ; si aucun, penser impérativement à s'en fabriquer un dès le lendemain et tous les jours qui suivent. Je vais essayer de ne pas oublier ça pour mes prochains billets.
Je te souhaite une bonne journée, Agnès. (Ce soir, sous la couette, sur l'oreiller, pense au petit truc que je t'ai dit.)
Il me semble que la question est : pourquoi on n'est pas tous et toutes dans la rue ? Pas pourquoi les orgas n'appellent pas, on le sait mais pourquoi on n'est pas dans la rue ?
Pourquoi l'annonce de la diminution des allocations familiales, du rétablissement du STO, des cadeaux fiscaux aux riches ne provoquent pas d'émeutes ? Faut attendre qu'on ait faim ?
Parce qu'on manque de "lieux" collectifs où se regrouper et se donner du coeur au ventre ? Parce que le capitalisme a réussi à enfermer chacun-e dans son filet de crédits, abonnements et autres contraintes artificielles ? Parce qu'on n'a plus de jardin pour manger entre deux systèmes économiques ?
Pourquoi on n'est pas dans la rue ? Et me répondez pas, parce que ce sont des veaux. Les paveaux n'y sont non plus.
Fontenelle s'est planqué chez Backchich... Sinon, je suis quelqu'une d'incurablement heureuse de vivre, même dans la merde la plus noire (encore que je n'ai peut-être pas encore touché le fond!). Mais l'impuissance, pendant que Dark Vador finit de bétonner son étoile noire, ça me fait grimper aux murs en feulant de rage!
Merci pour ton petit mot.
@le Yéti :
Mais non je ne te la bats pas froid mon Yéti ! mais c'est justement avec les potes que j'ai l'habitude de ne pas mâcher mes mots et de dire tout bien le fond de ma pensée
Qui aime bien châtie bien, etc... ;-)) et pas forcément toujours à bon escient, puisqu'il y a toujours des points de désaccord ou des angles de vue différents entre deux individus qui sont irréductiblement des individus (on appelle ça la gauche ;-))
@ Christine
"Les paveaux n'y sont non plus." Heureusement qu'ils n'y sont pas ! Qu'est-ce que quelques dizaines (allez, pour être optimiste, disons quelques centaines) de gugusses iraient faire au jour d'aujourd'hui, poitrines offertes, dans la rue. À part soulager l'amour propre, ce serait aller au casse-pipes en pure perte. La patience, chère Christine, la patience ! Rappelle-t-toi qu'en 40, c'est l'armée dite de l'ombre qui fit avancer les choses, pas les suicidaires à gloriole.
@ Swâmi
"Qui aime bien châtie bien." Je ne l'avais pas pris autrement
Et vous pensez vraiment que le systéme peut couler rapidement?vous rêvez ou quoi?
Tout le systéme peut mettre des siécles à couler,en fait il peut éternellement couler.Ne négligez pas sa capacité de rebond.
Enfin tout ça c'est si on ne lui met pas le pied sur la tête pour qu'il boive la tasse!
@ Jean Claude Goujat
"Et vous pensez vraiment que le systéme peut couler rapidement?vous rêvez ou quoi?"
Non nous ne revons pas.....justement je pense que la majorité des intervenants ici rêvent d'en découdre et espère la chute de cette société basée sur le fric où l'humain n' a plus cours......combien de temps cela va prendre? vite si beaucoup parmi nous crèvent la dalle comme le dit justement Christine, les plus faibles les plus défavorisés ne se laisseront pas mourir surtout si ça touche leur gosses.....Par contre personne ne se sent l'âme d'un heros pr lancer le mouvement...... "Il peut mettre des siècles à couler"
Pas d'accord il y a deux écheances qui vont changer la donne: le peak oil sur lequel est basé notre société industrielle, et la dimension écologique : changement climatique et rareté des ressources aggravée par la démographie.....ça ne peut que péter.....
@ jcg
Tous les systèmes, tous les empires coulent régulièrement d'eux-mêmes (même l'empire soviétique
). Pour le nôtre, la dernière fois c'était dans les années d'entre deux guerres mondiales (rappelle-toi que c'est la crise économique avec son inflation à trois zéros qui a sécrété les dictateurs comme Hitler).
Le nôtre est au bord de l'effondrement. Je dirais même qu'il EST en train de s'effondrer. Il est basé sur la croissance et la croissance est en panne. La croissance dépend de la consommation et la consommation va être de plus en plus en panne pour deux raisons : l'inflation et la paupérisation galopante, y compris chez nous, des populations qui ont besoin de consommer. Une autre cause enfin de cet effondrement. La révolte des éléments naturels qui en ont ras la couche d'ozone de nos conneries.
Mais je suis d'accord avec toi sur un point : on ne sait pas le temps que va durer l'effondrement.
----@ marie
Oups, ma réponse à jcg fait doublon avec la tienne (on a dû l'écrire au même moment).
(Pendant que j'y suis, à propos de mise en forme des commentaires, il faut sauter une ligne pour revenir à la ligne.)
Quand je pose la question autour de moi sur cette passivité,on me répond ,comme Christine le dit ci dessus ,que les crédits ,la maison ,les enfants etc sont là et qu'on n'a pas les moyens de faire grève ou un mouvement quelconque.On me dit qu'en 68 ,c'était plus facile parce qu'il n'y avait pas tous ces crédits. Et quand les annonces de "plan social" se précisent ,on espère que c'est pour le voisin,donc on ne bouge pas.J'en connais ,qui sont persuadés qu'ils font partie de l'élite ,donc intouchables ,donc silencieux et individuels ("chacun sa merde ",qu'ils disent) Et ces journées de grève(une journée chaque fois) (annoncées 1 mois avant par les syndicats,) me semblent un peu légères par rapport au coups de poing dans la tronche que nous nous prenons depuis quelques années.Pourquoi faut il que ce soit obligatoirement un syndicat qui décide de la tenue d'un mouvement ?Faut il faire partie d'un parti ou syndicat pour avoir le droit de se révolter? J'attends aussi comme beaucoup que çà bouge ,que çà démarre ,tout en ne me sentant pas les capacités de démarrer le truc.A mon niveau ,j'essaie d'être présente dans ce qui me semble être important Et pendant ce temps des mouvements éclatés et isolés en France se précisent . Je suis peut -être utopique ,mais j'espère encore.
@ turandot
"... que les crédits ,la maison ,les enfants etc." M'ouais, les crédits ont bon dos ! En 68, fallait aussi bouffer et payer son loyer ! Heureusement, au train où ça va, il n'y aura bientôt plus grand monde pour s'offrir un crédit. Et aux amériques, on me souffle que des millions d'"accédants à la propriété" sont en train de se faire saisir leur baraque. Si j'en crois ton raisonnement, turandot, va y avoir très prochainement un sacré renforcement des potentiels de révolte !!!
"Si j'en crois ton raisonnement, turandot, va y avoir très prochainement un sacré renforcement des potentiels de révolte !!!"Je n'ai pas bien compris ,veux tu m'expliquer?
@ turandot
Ben, quand plus personne n'aura les moyens de se faire accorder un crédit, ou de rembourser les déjà contractés, quand les maisons auront été saisies faute de pouvoir être remboursées, plus personne n'aura d'excuse pour ne pas descendre dans la rue
(Mais c'était une blague, hein !)
@Le Yéti : Merci pour ta réponse .En fait ,je ne comprenais pas très bien parce que c'est ce qu'on me répond quand je pose la question .Cà n'a rien à voir avec ce que je pense. J'attends la "goutte qui fera déborder le vase"(je n 'avais pas idée d'une telle patience dans la population ). 8-))
Faut pas confondre patience et soumission...
On vit une époque amusante où les "d'jeunz" n'ont jamais été aussi insoumis avec leurs profs et parents, et où ces derniers n'ont jamais été aussi à la botte de leurs oppresseurs...
@Swâmi Petaramesh :Merci Swâmi pour la correction ,et c'est bien comme çà que je l'entendais:-))
C A M A R A D E S !!!
oups
Peut-être hors cadre! (L'encadrement étant contre nature!)
De joie temporaire en déception temporaire, le vécu oscille ainsi de manière chaotique, à la manière de montagnes russes qui mettraient en avant un appât exquis pour mieux pouvoir le retirer de la bouche avide.
Nous pourrions ainsi nous en arrêter là pour décrire le cheminement de l'être humain plongé dans l'expérience terrestre. Mais ce serait ne pas tenir compte de l'aspiration profonde à une permanence, qui gît comme un secret désir dans le cœur de chacun. Un bonheur permanent qui ne s'éteindrait jamais !
En voici un bel appât qui constitue une nouvelle occasion au mental de tenter de saisir ce qui lui échappe toujours. Le chagrin et la tristesse sont un des artifices créés par le mental pour éviter sa propre disparition. Ils se réfèrent tous deux au passé-futur, dont la mélopée est souvent d'actualité.
Sans passé et sans futur, que restent-ils de ces deux compères ?
Accueil serein dans le cyclone de l'impermanent, en phase avec sa conscience (Le regard est ce qu'on nomme parfois la conscience).
Ainsi Le souffle va et vient. Il est une fonction naturelle du corps, et une expression de la vie.
L'inspiration est un phénomène actif, nécessitant une mobilisation d'énergie. Elle est un équivalent d'action. L'expiration est un phénomène passif. Elle est un équivalent de la non-action.
Le mental, dans ses tendances au contrôle, perturbe la fluidité naturelle de ce mouvement. En écoutant (regard acceuillant et conscient) le souffle, vous reconnaissez les résistances à la fluidité. Dès qu'une résistance est reconnue, sentie, elle cède, tout du moins partiellement.
Lorsque l'écoute est prolongée, le souffle habité, ce va et vient devient aussi fluide que le mouvement des vagues sur une mer calme.
Vous vous découvrez alors comme étant ni l'inspir, ni l'expir, mais le connaisseur des deux, le regard qui les contient.
C'est pour cela que l'intervalle entre la fin de l'expiration et le début de l'inspiration est une fenêtre ouverte sur la réalité ultime, autre que nos partielles réalités de bovins ferroviaires!
Cet intervalle est libre de pensée, de tension et d'intention.Il est un reflet et un prolongement de la nature pleine et silencieuse de l'être. L'Univers Désencyclopédisé
Salut camarades ! je navigue entre désespoir et enthousiasme contestataire selon les jours, et pourtant j'arrive pas à décrocher de mon moteur " révolutionnaire "... 1 an de Sarkose déjà et la colère gronde toujours en moi et de + en +..... je me sens vivante .... à fleur de peau .... je viens d'écouter le CD de D.Grange illustré par l'immense Tardi, putain (houps excusez ma grossièreté !) , je vous le recommande ça fait trop du bien... j'attends la grève générale avec impatience malgré la frilosité des syndicats . j'ai rien à perdre ,je ne possède que ma rage de justice sociale... et je pense vraiment que je n'irai + voter , ça fait 50 ans qu'on me fait croire que je peux changer kk chose . j'en veux encore à ceux qui nous ont mis ds cette panade,je ne leur trouve toujours pas d'excuses et je pars en vrille dès que j'aborde ce sujet .... je suis intolérante, me dit'on, idéaliste, naïve , arhaïque ,et j'en passe... Pourtant , je suis intimement convaincue que je fais partie des + réalistes, je suis debout , tête et poings dressés à toutes les occasions et je ne suis pas seule , je le sais , ça me tient chaud ... et je ne compte surtout pas sur les socialistes pour nous tirer d'affaire au prochain scrutin, ce sera donc sans moi, je passe du côté "obscur" pour certains, mais le pouvoir dans quelques mains qu'il tombe, se fourvoie et se corromp toujours!! vive l'anarchie !!!
Tiens, pour ceux qui veulent se remonter le moral, cette extraordinaire dernière interview de Raoul Vaneigem parue dans la Libre Belgique du 30/04. Raoul Vaneigem, c'est un vieux pote de route des situationnistes (Guy Debord). C'est surtout l'esprit de Mai 68 dans ce que ça a de plus bandant. Il est l'auteur d'un livre-culte pour les révoltés de cet époque : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations. Il vient de nous pondre un nouvel opus qui, j'espère, marquera autant les jeunes générations. Son titre : Entre le deuil du monde et la joie de vivre (Gallimard, Verticales). L'intitulé de l'interview est du même tonneau :
"Mai 68 ne fait que commencer"
Allez hop, courrez-y, c'est du tonique ! Pour finir, et vous mettre l'eau le vin à la bouche, un petit extrait gouleyant : "C'est pourquoi je mise sur un sursaut de la volonté de vivre. Il n'existe aucun exemple dans l'histoire d'une société, si dévastée soit-elle, qui n'ait réussi à se relever de ses ruines."
..au fait, merci le Yéti pour tes billets rafraichissants !!!!
@ Le Yéti
« Nous sommes les enfants d'un monde dévasté qui s'essaient à renaître dans un monde à créer. Apprendre à devenir humain est la seule radicalité. » (Raoul Vaneigm)
C'est le rôle de la sagesse d'enseigner ce que la réalité n'est pas, afin que la réalité puisse pleinement se dévoiler et devenir l'unique réalité. Portons ce souhait de vivre la réalité dans toute sa majesté, et de se libérer, pour toujours, du mirage de l'avoir et du devoir.
Turandot,pourquoi être organisé dit tu.je pourrai t'expliquer pendant la différence qu'il y a entre une entreprise ou il y 100% de syndiqués et tout ce qu'il y a avec et une avec 8% ou moins.
On peu faire la gréve aller dans la rue sans être organisé mais je trouve que c'est risqué.Et l'info ne se transmet pas par l'opération du St esprit elle nécessite au moins deux choses:des gens formés et de l'argent celui que donne l'organisation.Aprés faut savoir ce que l'on y met dedans...et c'est la que les emmerdes commencent,avec les discussions.
Le Yéti recommande la patience je rajouterais le prosélytisme,comme on est pas des curés on a le droit!.Et pas d'illusions sur le net.Il y a de trés bonne choses....dans un fouillis ou il est difficile pour un non-militant de s'y retrouver.Mettre par dessus le rideau de fumée permanent des médias officiels et tu aura partiellement le pourquoi du comment de la passivité actuelle.
Le Yéti,1929 a vu la chute de l'empire et 45 sa renaissance,85 son triomphe.A l'agonie il a reboudit s'est transformé.Et Marie se trompe:le peak oil il est déjà en train de le récupérer de le détourner à son profit,comme il est en train de détourner à son profit le combat écolos,justement à cause d'écolos inconséquents en n'étant pas il faut le dire sur des positions de classe.
Oui tous les empire s'écroulent sous le poids de leurs contradictions.Dans ces cas là ils donnent naissance à une autre forme de capitalisme,mais à un capitalisme quand même qui débouche sur les mêmes conséquences:misére,faim,guerres,sauf qu'ils ne vont plus se battre pour le pétrole mais pour son ersatz l'agro carburant ou plutôt pour les terres qui les produisent.
Le systéme peu s'écrouler et renaitre,sauf si nous accompagnons cet écroulement avec d'autres vues,d'autres propositions de société,en entrainant le maximum de personnes dans la construction d'autre chose.Ecroulement,construction,ou ce ne sera qu'une révolte,une de plus et le systéme continuera...autrement.
Un oubli:imaginez les barrages qu'a du passer un type qui a pris une carte,pas dans un parti ou un syndicat bien vu,non une de ces organisations bien détestée par le pouvoir:d'abord faire abstraction des médias,ensuite lutter contre l'abattement,contre la répression,et quelques autres,beaucoup d'autres.
@ todos: heu peut-être vous oubliez l'essentiel: l'écologie et l'économie sont désormais inextricablement inter-dépendants. Donc le transatlantic ne mettra pas cent ans à piquer du nez, mais dix au
mieuxpire. Le problème c'est que passagers de troisièmes classes -enfermées à fond de câle-.seront les premiers noyés. Beaucoup le sont déjà.Marrant d'ailleurs cette comparaison avec le Titanic, car ce qui aurait pu le sauver: la fonte accélérée des glaces, nous coulera sans doute.
Rien à attendre de syndicats dont les grand-prêtres patentés paradent au palais de lunedic et lèchent les fesses lipues, redondantes et très buschantes de leurs éminents zomologues du patronat.
Je prie l'insurrection
J'ai sous les yeux un article de Marianne du 26 avril, signé Eric Conan, sur "Mai 68. Commémoration, piège à cons."
Bon, le gars y blablatte son sujet, et, dans les dernières lignes, un paragraphe, intitulé "faire enfin table rase du passé". Il y parle de Kouchner, Glucksmann, etc.... puis :
"Et R. Vaneigem, l'auteur du sublime Traité de ........, s'est récemment reconverti en apologue du néocapitalisme destructeur d'archaïsme en postfaçant un ouvrage dont le titre dit tout: Au-delà du profit, comment réconcilier Woodstock et Wall Street ?"
Ça m'a un peu sciée, que peut-on en penser ?
@ dominique
Pour juger peut-être vaudrait-il mieux lire cette postface d'abord, non ?
Pour l'instant, ce que je sais, c'est que j'ai lu l'interview de la Libre Belgique et que je trouve difficile d'y voir "un reconverti en apologue du néocapitalisme destructeur d'archaïsme". Au fait, toi, tu l'as lu ?
@ dominique:
t'est viré!
@ Yeti : Non, j'ai peur d'engager du fric, dans une connerie, pour tout dire, et à la seule lecture de l'article, Marianne m'est littéralement tombé des mains à cette page là, démoralisée, c'était le but de l'article je crois ou alors j'ai mal compris. A suivre...
@ rizzlaba : kesta ?
@Dominique:
je plaisantais bien sur.
cet article, je sais pas si y faut en rire ou en pleurer. Je pencherai plutôt pourt la première solution.
@ rizzlaba : ça va ! ami des huppes
J'ai lu le Vaneigem. Rien que des choses conformes à l'esprit de ce blog ;-)) Quelques citations.
Quant à l'article postfacé, il date de 1995 et est classé dans "écologie".
"L'impasse de l'invivable, où nous a menés le culte effréné du profit, fait resurgir, parmi les embranchements labyrinthiques de l'évolution de l'homme, d'autres voies de développement et d'expansion."
"Le passage aux énergies naturelles et renouvelables suscite un nouveau dynamisme du profit. Si nous n'y prenons garde, nous allons payer très cher la gratuité du vent, de l'eau, de la biosphère."
"Le discours sur l'autogestion, l'occupation des entreprises, le projet d'une société conseilliste est tombé en désuétude. Il le restera tant que vous dédaignerez de le fonder sur l'émancipation des individus, tant que vous négligerez d'établir cette vérité de base : dès l'instant où les problèmes d'organisation revendiquent la première place, le pouvoir pointe le nez, flaire sa proie et claque de la gueule."
"Désormais, le profit tend à se passer de l'utile. Les industries prioritaires, l'agriculture de qualité, les écoles, les hôpitaux, les transports en commun sont envoyés à la casse tandis que fleurissent partout les services et les entreprises parasitaires."
"Quittons ce monde qui nous quitte ! Renversons la perspective, partons en quête d'une vie intense, en nous gardant des chausse-trappes où elle culbute et emploie à se nier l'ardeur qu'elle aurait mise à s'affiner."
Ah ! la vie intense : une utopie ?
J'aime l'utopie !
Quant au livre postfacé, pas à l'article.
Et les citations ne se suivent pas, évidemment.
@ Dominique:
-
Zut, ça marche plus les clins d'oeil de bonhommes jaunes. Mais le coeur y est.
Je ne savais même pas qu'il existait une "pensée" néocapitaliste. Un cadavre, ligotté sur un cheval éperdu, j'espère.
@ Christine (et à elle seule ; les autres ne peuvent pas comprendre de quoi il retourne, hé hé
)
J'ai cru bien faire en remettant en forme ta citation de la postface de Vaneigem. Mais puisque tu précises (ton post #36) que "les citations ne se suivent pas", je remets les guillemets adéquats. Ça colle ?
Mais alors, je ne suis pas seule à hurler ?
Régulièrement, je me régale à lire tous ces blogs qui sont mes journaux favoris depuis le Honduras où je vis... Tous ces blogs dans lesquels on sent, on palpe que la tension monte dans l'hexagone, et que utopistes, doux rêveurs, foncièrement humains, mais quand même tous en colère, se mettent sur les starting-blocks. Je lis aussi que beaucoup se demandent pourquoi on attend, qu'est ce qu'on attend, et qu'à toutes ces questions et bien d'autres encore, on arrive toujours à trouver une forme de réponse, et le débat n'en finit pas.
Mais j'ai envie de dire (et j'ai le rôle facile, puisqu'exilée en tant que volontaire dans ce tout petit pays d'amérique centrale...), bien qu'il faille de la patience, comme le dit si bien Le Yeti, n'attendez pas non plus qu'il soit trop tard, vous avez encore le droit de vous exprimer... Ici, dans ce pays où la corruption se retrouve à absolument tous les niveaux, où le terme "social" n'a absolument aucun sens, où la pauvreté est évidemment plus que visible, si tu as le malheur de te rebeller un minimum, d'essayer de faire entendre ta voix, et d'entrainer les autres avec toi en plus, c'est simple: Pan. Demain tu te retrouves dans une boite en bois...
Alors je n'ai malheureusement rien de concret à apporter comme idée, juste une réflexion, un doute qui dit: on ne va pas en venir là quand même en France hein?
Joyeux printemps!
@Le Yéti : ça colle. Et c'est pas une citation de la postface, c'est des citations de "entre le deuil du monde et la joie de vivre" que dominique hésite à acheter ;-))
Brrrrrrrrrrrr, non a rien compris Christine, celui là je vais l'acheter. Parce que même le titre on dirait qu'il me parle, rien qu'à moi, (comme un horoscope du jour, je blague hein C. ) et c'est pas de l'égotisme, c'est le mot juste (ce titre) de quelqu'un qui sait mettre des mots sur le ressenti diffus de la France qui ne dispose pas, comme moi, intellectuellement, de tous les mots pour expliquer ses maux.
Là où j'hésite entre la poire et le livre, c'est au sujet de cet ouvrage, "Au delà du profit, comment réconcilier Woodstock et Wall Street" écrit par je ne sais qui, mais préfacé par Vaneigem, qu'a cité ce journaliste Eric Conan dans Marianne, dans le but, je l'ai compris comme ça, de dénigrer les dernières vélleités 68tardes........ genre même Vaneigem a tourné sa veste comme Glucksmann, Kouchner et cie..
Je sais pas si j'me suis bien mieux fait compris, c'te fois !
Aaaaarg, j'avais vraiment rien compris. Je croyais que l'article t'avais dissuadée d'acheter le dernier Vaneigem. Un livre qui veut réconcilier quoi que ce soit avec wall street et qui a plus de 10 ans, j'achèterais pas. Même postfacé par qq'un qui m'intéresse.
Donc ce Conan est un connard !?
@ lila
Merci de ton intervention chaleureuse du bout du monde. Oui, je pense que la situation sociale et la liberté d'expression de ton pays d'accueil sont sans doute bien plus terribles qu'ici.
Ici, comme tu le vois, nous ne nous privons pas de nous exprimer. Mais la machine qui nous révulse y est aussi bien plus puissante, ancrée, sophistiquée que là-bas. Nous ne savons pas par quel bout la prendre pour la foutre par terre.
Et puis il y a quelque chose de bien plus pervers : la grande majorité de la population POSSÈDE. Pas beaucoup, mais au moins quelque chose. Et les gens s'accrochent comme des forcenés à ces miettes au détriment de tout autre centre d'intérêt, comme la justice sociale ou la survie de la nature. Ce réflexe asphyxiant du "sédentaire" que relevait Bruce Chatwin (cf. Mon meilleur copain)
Cher Yéti,
Je partage votre constat, une bonne partie de la sphère des blogs "rebelles" semble touchée par le découragement et l'amertume. Je l'ai été aussi jusqu'au moment où j'ai compris (et pas qu'intellectuellement mais aussi dans les tripes) qu'il ne faut rien attendre du monde et qu'il faut se créer sa voie soi-même (ceci n'exclut pas d'ailleurs le soutien solidaire). C'est la conjonction et la multiplication des chemins taillés dans la jungle hors des sentiers battus qui peuvent, éventuellement et seulement à long terme, ouvrir de nouveaux horizons. L'essentiel n'est alors pas de vouloir changer le monde mais de tailler son chemin vaillamment en restant persuadé que nous ne sommes pas seuls à aller dans cette direction (car beaucoup d'entre nous sont silencieux, comme je le suis habituellement). Et la vie reprend alors son sens, dans les deux sens du terme
Certains auront sans doute reconnu la notion du waldgänger, du recours aux forêts. Voici un petit texte que, sous bien des aspects, je trouve intéressant pour en saisir l'essence (les sens ?) : http://www.betapolitique.fr/Des-Rebelles-01938.html
J'espère avoir pu vous remonter un peu le moral.
Ben c'est le jour:aprés le mépris des syndicats ,donc de tous ceux qui les compose,vous savez ces gens qui tous les jours font face au patronat ce qui ne doit pas trop te fatiguer rizzlaba,l'apologie de l'individualisme,se créer sa voie soi-même.Les rmistes,les chomeurs,les salariés des PME-PMI surarmés pour ce genre de truc vont être trés contents de l'apprendre.
Fi de l'action collective,vive l'action individuelle pour son petit nombril et pas celui des autres!
Découragement et amertume?je n'ai pas de blog mais je ne suis ni découragé ni amer,mais étant membre d'une organisation,qui vaut ce quelle vaut,qui est critiquable mais qui existe,dans laquelle je rencontre des tas de copains,qui rencontre des tas de copains qui voient ce qui avance,ce qui reflue,ce qui n'est pas clair pour la majorité,ce qui trotte dans la tête de beaucoup qui est faux qui est juste enfin tout quoi.
Alors ni découragé ni amer:vivant!
Je me demande pourquoi ça me rappele une chanson de Ferrat tout ça:
En groupe en ligue en procession
On a l'intelligence bête
Je n'ai qu'une consolation
C'est qu'on peut être
Seul et con
Et que dans ce cas
On le reste
"Le président au fond de lui-même reste un militant, un rebelle qui refuse d'être étouffé par les habitudes du pouvoir" (François Fillon)
Petite phrase aperçue sur Nouvel-Obs, du mercredi 7 mai, pour illustrer la note 46 de Azathoth.
Mais Fillon nous des contrefaçons, récup. et recyclages insanes, instillant la confusion et distillant la marmelade.
Coup de pied de l'âne au patron qui liquide l'esprit de ''68? De la liquidation à la liquéfaction du pouvoir, quels seront les catalyseurs?
Putain de suspens! The
showlotta mustgo oncontinua!@ Pascalou
De la différence du militant et du rebelle...
Du militant au révolutionnaire il y a poursuite d'un objectif, ce qui n’est pas nécessairement le cas du rebelle. Le rebelle lutte parce qu’il ne peut pas faire autrement que lutter. Le révolutionnaire entend parvenir à un but là où le rebelle incarne avant tout un état d’esprit.
Dans son Traité du Rebelle, Ernst Jünger écrivait en 1951 : « Deux qualités sont indispensables au Rebelle. Il refuse de se laisser prescrire sa loi par les pouvoirs, qu’ils usent de la propagande ou de la violence. Et il est décidé à se défendre. »
Dominique Venner ajoute : ce que de tout temps les rebelles ont eu en commun, « c’est d’avoir découvert par des voies différentes une incompatibilité absolue entre leur être et le monde dans lequel il leur fallait vivre ».
Le rebelle n’est pas seulement un insoumis. Certes, comme le résistant ou le dissident, il est la preuve vivante qu’une alternative est toujours possible. Mais sa rébellion n’est pas seulement liée aux circonstances. Elle est d’ordre existentiel.
Le rebelle ressent physiquement l’imposture, il la ressent d’instinct. On devient dissident, mais on naît rebelle. Le rebelle est rebelle parce que tout autre mode d’existence lui est impossible.
Le résistant cesse de l’être dès qu’il n’a plus les moyens de résister. Le rebelle, même emprisonné, continue d’être un rebelle. C’est pourquoi, s’il peut être perdant, il n’est jamais vaincu.
Les rebelles ne peuvent pas toujours changer le monde. Le monde, lui, n’a jamais pu les changer.
Résistance étudiante
@ JC Goujat
Holaaa! foin n'avais-je l'intention de blesser quelque hôte de ce lieu convivial! Le propos visait à dénoncer ce que je crois être une collusion entre les dirigeants syndicaux carriéristes d'en-haut et le MEDEF.
Résultat: une vraie passoire à "réformes" (de l'OMC). Celles entre autre qui visent à marchandiser le bien public, le service public, la santé, la sueur, et même la pauvreté....
Quand par ailleurs tu écris "Fi de l'action collective...!", j'emet des réserves. Ayant été délégué syndical quelques années, j'ai une petite idée de cet autre individualisme qu'est le corporatisme aux pieds de plomb. Mais là s'ouvre un débat déjà ancien.
Ces INSTITUTIONS pyramidales: partis et syndicats, datent du 19e siècle. Ne serait-il pas grand temps de faire le ménage?
"le 21e siècle sera utopie ou ne sera pas"
rizzlaba (chômeur et militant)
ouais pourquoi qu'on n'est pas dehors ? souvenez-vous ..solidarinoche ! ..
c'est ça qui manque: SOLIDARITE > UNION > TOUS ENSEMBLE !
faîtes passer le mot ...changez, changeons .. avançons !
@vous blogeurs et résistants,
Certe, l'heure n'est pas à l'euphorie! Certe, l'empire ne va pas s'écrouler demain! Mais pour citer Camus dans l'homme révolté:
"Dans l'épreuve quotidienne, qui est la notre, la révolte joue le même rôle que le cogito dans l'ordre de la pensée: Elle est la première évidence.
Cette évidence tire l'individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes, la première valeur.
JE me révolte, donc NOUS sommes."
Je trouve que cela colle parfaitement à l'état d'esprit, du moment, du moins le mien.
Pourtant, ça ne fait pas 6 mois que je suis sortie du déni, de l'emprise perverse qu'exerce, sur nombre d'entre nous, ce système global qui peine de plus en plus à cacher ses caractéristiques néo-fascistes post-modernes.
A présent, je me sens envahie par des bouffées qui confinent à la rage, submergée par un sentiment de révolte!
Prise d'une énorme fringale, j'avale les essais, (le prochain sera donc celui de Raoul Vaneigem) et beaucoup les blogs , comme les votres, pour prendre une bonne bouffée d'air frais, débarrassée de tout ce "virtualisme" ambiant et nauséabon, (j'aime bien ce terme emprunté au site dedefensa)
@damien : "pourquoi qu'on n'est pas dehors ?" bin, t'as pas vu les affiches ? ;o))
@Yeti : hors-sujet, pour info : "vive le feu" a changé d'adresse (http://www.bakchich.info/rubrique103.html)
@ Pat (s'cuse mais il est tard et j'ai la flemme d'écrire ton prénom en entier..cela dit ça aurait été moins long que cette phrase lol) > non j'avais point vu les affiches, merci ... m'en parles pas, je suis en pleine création (d'affiches) pour mon association
@ Sybille:
J'aime bien quand les gens se réveillent petit à petit. Et c'est clair que c'est ça qui se passe en ce moment. Moi, c'était Larzac 2003, je pourrai dire "J'y étais!".
Vieille soixante-huitarde rangée des bagnoles, marmots, boulot, dodo, j'ai senti tout à coup comme un parfum de quelque chose. Impression confirmée sur place, jamais vu autant de vieux mélangés à autant de jeunes. Une pépinière de toutes sortes de choses pas toujours bien identifiées. Une fringale, moi aussi j'ai avalé, je continue d'avaler les essais. Là aussi, ça pousse partout, et les petites maisons d'édition fleurissent comme au printemps.
Je pensais que ça serait allé plus vite, mais c'est des arbres, hein, qu'on fait pousser, c'est pas des radis de 18 jours!
Battez-vous pour moi, tous, là, j'ai plus la force, on verra demain!
vieil anar
Bienvenue @Sybille !
Quel bonheur de lire ça : " Pourtant, ça ne fait pas 6 mois que je suis sortie du déni, de l'emprise perverse qu'exerce, sur nombre d'entre nous, ce système global ..."
Ça fait déjà un bon moment que je pensais que nous nous trompions en répétant à l'envi : " les gens sont anesthésiés, inertes, ils ne bougeront pas ...etc. " Tu es l'heureuse preuve du contraire !
La sortie du trou noir est une expérience traumatisante. Au réveil de la conscience, succède la colère contre soi-même. On se foutrait des baffes pour avoir accepté autant de mensonges, alors, pour retrouver l'estime de soi, nous retournons notre colère contre les responsables, contre les geôliers de la pensée.
Ce réveil-là est comme une renaissance, une nouvelle vie commence où l'esprit ne dormira plus jamais.
Je t'embrasse, bonnes lectures !
@ Jean-Pierre Goujat :
Je crains que votre lecture de mon commentaire n'ait été trop rapide. Je ne fais certainement pas l'apologie de l'individualisme, vous me connaitriez dans mes actes plutôt que par mes mots que cela vous semblerait évident. Ce n'est cependant pas la première fois que j'entends cette critique lorsque je parle du waldgänger, c'est pourquoi j'avais pris soin d'écrire "ceci n'exclut pas d'ailleurs le soutien solidaire" mais visiblement il me faut préciser ma pensée plus en avant. Je ne sais pas comment Ernst Jünger (personnage déjà très polémique, je ne m'étends pas) voyait les choses mais voici comment je les vis.
Il faut d'abord vivre ses idées, les sentir dans ses tripes et agir en conséquence (être un "rebelle" dans notre cas puisque nos idées s'oppose au modèle dominant) avant de pouvoir militer efficacement (association, parti, syndicat, etc). Combien en ai-je vu des "militants" qui manifestent par exemple contre la grande distribution, pour une économie locale, et qui le samedi suivant font leurs courses chez Leclerc... Combien en ai-je vu des "militants" qui répète bêtement et sans comprendre les beaux leitmotivs de leur parti quand bien même celui-ci les trahit tous les jours dans ses actions... Combien en ai-je vu des "militants" qui sous couvert de grands idéaux, ne viennent en fait chercher qu'un remède à l'ennui ou sont prêt à embraser n'importe quelle théorie pourvu qu'elle comble le vide de leur pensée (la première qui se présente a gagné)... Combien en ai-je vu des "militants" qui parlent de solidarité et qui finalement sombrent dans l'intolérance de tout ce qui n'appartient pas à leur petit groupe...
J'arrête là, je ne veux pas dresser un tableau trop sombre sans raison car il y a, et fort heureusement, de vrais militants qui font vraiment avancer les choses. Ce que je dis c'est que ceux-ci ne sont pas ceux de mon énumération précédente mais bel et bien d'abord des "rebelles" et que, collectivement, ils tailleront dans la jungle un chemin plus large (pour rester dans la métaphore forestière) que d'autres pourront plus facilement emprunter.
Vous comprenez maintenant que je ne peux prendre pour slogan "vive l'action individuelle pour son petit nombril", bien au contraire.
Pour terminer, ne jetez pas à la pierre à ceux d'entre nous qui ne sont pas encartés ou syndiqués car si la défense de leur liberté intellectuelle peut être à ce prix, ces rebelles restent un soutien (dans les urnes ou dans la rue) et même un élément nécessaire à toute transformation sociale.
@ Azatoth et JPG, alors juste pour sourire, tristement, des partis et des hommes et des transformations qu'ils peuvent subir en 35 ans, quelques citations: " La fonction de l'autogestion est de remettre à l'ordre du jour la lutte contre l'aliénation pour permettre aux hommes de retrouver la maitrise d'eux mêmes et joie de vivre" lisait-on dans " La CFDT aujourd'hui" de Maire et Julliard en 1972; "L'espoir est, en somme, que la tentative de construire le socialisme en l'imposant du sommet ayant largement échoué, celle de le construire par le bas a quelques chances de réussir. Fermons en quelque sorte la parenthèse des erreurs passées et repartons d'un bon pied, c'est à dire de Proudhon".Raoul Crespin "Réforme", mai 1972.
Encore mieux, Michel Rocard, oui ,le Michel Rocard, alors au PSU, plutot en pointe sur cette question à l'époque, affirmait en 1973:"...il ne peut y avoir d'autogestion isolée..., mais elle ne peut non plus, être limitée à la production, ni octroyée depuis le sommet, elle doit donc s'arracher à partir de la base" Eh oui, on croit rêver! A plus.
vieil anar
@Jean Claude Goujat, Azathoth,
Le syndicat n'est-il pas lié à la corporation ?
Certains militants ne se rebellent-il face à l'attitude et des geniflexions de leurs représentants ?
%-Que représente les syndicats sur la masse d'exploités ?
Un rebelle est celui-celle qui a claqué la porte à toutes ces ("tables de négociations"), le négoce, le marché..., qui s'est redressé et a tourné le dos à tout cela; telle la fille qui crie alors que les représentants de la CGT tentent de convaincre les grévistes de reprendre le travail ("Il faut savoir terminer une grève"), et d'isoler les frondeurs en leur tournant ostensiblement le dos ; un lycéen frondeur, vous savez, le lycéen frondeur un brin timide qui tente de prendre la défense de la fille. C'est Poulou. Venez, je vous invite chez lui. C'est un type bien, Poulou le copain du Yéti (que je remercie Swamdit en passant)
Un rebelle fonctionne au seul didacte de sa conscience et de son vécu, ce qui ne fait pas plus ni moins de lui un individualiste que ce ne le ferait d'un militant
Rebelle, un état d'esprit.
Pour Jean-Claude Goujat:
J'ai trouvé dans Politis http://www.politis.fr/Fragments-d-un-discours-ouvrier,3676.html les références d'un livre sur lequel nous pourrions, peut-être, trouver à nous parler. Les voici:
"L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines, Xavier Vigna, Presses universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr), 384 p., 22 euros".
Bon ben y en a des choses.Viel Anar,il y a longtemps que je connais les pratiques des dirigeants de la CFDT que je resumerais ainsi:comme les radis rouge dehors,blanc dedans et toujours prés de l'assiéte au beurre!
Je les connais d'autant plus qu'ils dirigaient ma caisse de retraite complémentaire et le vvf et que l'on ne retrouve plus un certains nombres de cotisations.Par contre VVF est privatisée et le PDG c'est edmond Maire.Bon comme il n'y aura pas d'enquêtes pas de quoi se mettre martel en tête.
Quant à Michel Rocard il y a bien longtemps que je le pratique depuis le PSU(auquel je n'ai jamais adhéré heureusement pour moi)et ses déclarations ultra révolutionnaires de ce gugus et de ses comparses étaient en général adressées au militants PCF de l'époque qui ont toujours eu cette réponse:aprés vous on vous suis!Mais nous n'avons jamais attendu son pas en avant.
Naradumi,le syndicat représente d'abord le salarié d'une entreprise.Et ceux qui se sont levés pour afronter se sont généralement fait jetés dehors de l'entreprise.
Pas corporatistes,les syndicats défendent les revendications dans une boite donnée c'est leur rôle.Et il ne sont que la représentation des syndiqués.Un syndicat ce n'est pas une somme d'intérêts particuliers,c'est la défense des intérêts collectifs.
Ce qui s'est passé cher Wonder c'est pas ailleurs,j'ai déjà eu l'occasion de le dire et la situation qui a suivi cette reprise on ne la connais pas,ni son évolution,mais elle n'est surement pas restée en l'état.
Quant à ce que représente les syndicats sur la masse d'exploités il faudrai faire un truc uniquement la dessus pour avoir le pourquoi.Et ce n'est pas seulement l'individualisme:la division,la peur la répression.
Quant au diktat de la conscience elle est singuliérement freinée pas des contingences comme manger à sa faim,payer son loyer par exemple.La vitesse à laquelle tu peu prendre la porte dans les entreprises INORGANISEES et l'absence de recours échaudent un certains nombre de rebelles.
Que l'individu par son esprit apporte au collectif est importante,mais l'inverse aussi.
Jardin,je vais aller lire ce livre,j'ai du temps aujourd'hui,mais ça restera un livre,une oeuvre théorique.Je n'en ai pas écrit je n'ai pas ce talent,mais pendant 48 ans de ma vie j'ai fréquenté pas mal d'entreprises de toutes les tailles,été liciencié 4 fois,3 pour raison syndicale,1 politique,ça équilibre.
Coup d'oeil donné à l'article,qui bouscule l'idéologie dominante sur 68,pas que les étudiants,il s'est passé quelque chose d'important dans les entreprises et dans l'auto gestion de la gréve(en général)
Ca renvoie au refus de cette ouvriére chez Wonder.Mais pour ce cas(Wonder) il serait interressant de savoir tout ce qui c'est passer dans les 5 ans qui ont suivis 68.Ce seai surement édifiant.
Excuses encoire moi:j'ai moi aussi quelques lectures à conseiller:les luttes de classes en France de Marx.Folio.
Travail Salarié et capital et salaire prix et profit toujours du petit Karl au même éditions.
Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin,la Découverte.Acrochez vous ça fait peur
le dossier de l'eau,pénurie,pollution,corruption,seuil,même commentaire que le précédent,ça fait peur!
Qu'est ce qui te fait penser, cher Jean-Claude, que j'ignore ces écrits basiques de Marx? Mais tu as raison, je vais les relire.
"Salaire, prix et profits", en particulier, est très clair, lumineux je dirais même, sur la question justement de la "plus-value" et du "profit", sur l'évidence que, tout seul, l'argent ne "travaille" pas et ne crée aucune valeur.
C'est bien dommage, et étonnant (???) quand on y pense, que ce soit pas plus souvent repris, clarifié, expliqué, voire même critiqué s'il y a lieu, mais alors sur la base de la réalité du texte et non sur de vagues dénigrements qui ne veulent rien dire du genre "dépassé", "ringard" ou "archaïque".
Parce que le soleil et la lune, eux aussi, sont très archaïques, ce qui ne les empêche pas de nous éclairer toujours.
Moi non plus, je n'ai pas écrit de livre, je me contente de lire autant que je peux, il me semble que c'est déjà pas mal, non?
Ceux qui traiten,t Marx de ringards,archaïque ou dépassé sont bien incapables d'expliquer pourquoi.D'ailleur ce sont des termes que l'on retrouve souvent dans la bouche des réacs pour désigner tout ceux qui refusent le systéme.
Ca fait des discussions marrantes,il suffit de poser la question pourquoi est-ce ringard pour voir son interlocuteur se noyer.Et lui demander pourquoi c'est moderne ce systéme,ou montrer son cul à la télé pour avoir une bonne tranche de fou rire
Rebelle,oui! A touts Appareils et Partis, Partenaires du néo-libéralisme, normaliseur de l'esclavage moderne mondialisé.
Qu’il s’agisse de la question du financement des retraites, de l’assurance chômage ou du dumping salarial, politiciens « de gauche » et syndicats poursuivent dogmatiquement une « stratégie » vouée à l’échec, dont la population subira toujours plus gravement les conséquences. Cette « stratégie » consiste à verser des larmes de crocodile à chaque nouvelle étape du démantèlement social, pour ensuite entériner cette étape en attendant la prochaine occasion de pleurnicher.
Cela présente l’intérêt de simuler une prétendue « résistance » à la logique néo-libérale. Elle est censée préserver « l’image de la gauche ».
Sans oublier les politiciens de droite et les milieux patronaux qui ne sont pas moins dogmatiques et intellectuellement malhonnêtes que leurs adversaires « de gauche ».
Marx n'est pas ringard, archaïque ou dépassé Suivant la logique marxiste, un membre de la « classe ouvrière » dont le revenu s’améliore régulièrement est réputé « s’embourgeoiser ». Autrement dit, du point de vue des idéologues, la moindre augmentation de salaire intempestive risque de faire de vous un « social-traître » voué aux flammes éternelles. Par contre, les idéologues peuvent se remplir les poches sans danger, grâce à cette fameuse « conscience de classe » qui en fait des esprits si supérieurs et les préserve du risque de l’embourgeoisement...
Contrairement à ce qu’elle voudrait faire croire, l’idéologie marxiste n’obéit pas à une logique de progrès social. C’est une logique de prise du pouvoir. On dénonce les inégalités sociales, mais ce qu’on vise est un nivellement social par le bas ; pas par le haut. La « classe ouvrière » doit demeurer l’instrument docile des « grands résistants anticapitalistes » qui aiment tant pérorer depuis leur datcha...
Pourquoi les politiciens « de gauche » et apparatchiks syndicaux affectent-ils d’être outragés à l’idée d’une société dans laquelle le revenu de la population ne serait plus lié à un salaire?
Cette idée est réputée témoigner d’une « mentalité d’assisté » et devrait être a priori rejetée avec indignation.
On s’efforce d’humilier, par avance, en les désignant comme des parasites, ceux qui voudraient la soutenir. On n’hésite pas à prétendre que l’emploi est plus important que le salaire, mais on parle, bien évidemment, du salaire d’autrui...
Pourtant, le milliardaire vivant grassement de ses dividendes spéculatifs n’est nullement réputé avoir « une mentalité d’assisté ». Les actionnaires ( les marxistes, baissez le doigt! humour!)) touchant les dividendes de telle ou telle entreprise ne sont pas non plus réputés avoir « une mentalité d’assistés ». Chacun estime normal qu’ils puissent vivre de leurs dividendes, s’ils en ont les moyens. Dès lors, pourquoi ce qui est légitime pour les uns serait-il méprisable pour les autres ? Pourquoi deux poids et deux mesures ?
De la dignité de se faire exploiter...
@ Naradamuni (67):
Je ne défends en aucun cas le galimatias que tu nommes (à tort ou à raison?) "marxisme"
Moi, je parlais de "Salaires, prix et profits", pas de l'idéologie fumeuse et moraliste qui s'en est suivie, et dont j'ignore s'il faut l'attribuer à Marx ou à ses successeurs.
Je parlais de cette décortication économique qui est plus que jamais d'actualité, avec la hausse vertigineuse de la productivité du siècle écoulé. Si je m'en souviens bien, Marx décortique le prix de revient de la fabrication de n'importe quelle marchandise (matières premières, transport, mais aussi maintance des outils et machines et investissements futurs destinés à progresser).
Ce qu'il appelle "profit" n'est en aucun cas la minime hausse de salaire de l'ouvrier un peu moins écrasé qui commence à s'en sortir, mais le surplus vraiment surplus c'est à dire la différence entre la valeur créée et le salaire versé que s'approprie de patron du seul fait qu'il est propriétaire non pas de sa maison ou de son parc, aussi luxueux qu'ils soient, mais propriétaire de l'outil de production.
Revenir aux fondamantaux de l'analyse économique de Marx (et je ne parle en aucun cas de ce qu'on appelle "marxisme) nous permettrait de démonter les raisonnements fallacieux qui servent actuellement de "prêt à penser".
B'jour à tutti, Je n'ai pas le temps de lire toutes les contributions mais le peu que j'ai consultées sont révélatrices quant au "comment faire". Depuis le 1er mai, je suis avec d'autres à Lyon, dans l'espace public. Nous occupons l'espace public, enfin plus précisément nous nous réapproprions l'espace commun. Je l'avais indiqué dans un ancien message, à Lyon s'est ouverte ni plus ni moins que la "révolution civique mondiale". Je sais c'est ronflant comme une prétention, mais c'est du concret avec ce que cela suppose de difficultés, de remises en cause, de flottements mais aussi de créativités, de risques (intellectuels et pratiques), de rires aussi, de chants, de coups de gueule. La vie quoi. Pas plus tard qu'hier, dans un parc, nous étions une cinquantaine pour faire le point de ces 11 premiers jours de la révolution civique mondiale. Moyenne d'âge : 20 ans. Oui vous avez bien lu, vingt ans. Un signe fort envoyé à tous les "gloseurs" qui relaient consciemment le discours dominant selon lequel la jeunesse ne serait en définitive qu'un cerveau disponible. La jeunesse, celle qu'on qualifie ordinairement de machine à consommer, vide de sens, tout juste bonne à s'engouffrer dans les boîtes à marques, était là et bien là. Après avoir parler des jours précédents et des jours à venir (parce que ça dure jusqu'au 31 mai) nous avons surtout parler de l'après mai et de ... politique. Oui de politique. De pouvoir. De la manière dont nous la percevions, individuellement et collectivement ici à Lyon comme ailleurs sur la planète. En d'autres mots, parce que nous étions dehors et pas dedans à souffrir le burnou devant le tube cathodique, nous sommes-nous retrouvés à réinstruire la politique. Jouissif parce que spontané, parce que depuis le 1er mai, nous avons réappris à nous connaître, à nous reconnaître, chacun et chacune avec ce qu'il trimballe comme doutes, comme lassitude parfois, mais toujours mué par l'envie d'en découdre avec la fatalité. Moi dans théâtre de verdure, j'étais le vieux (49 ans). Un des fomenteurs de X-Rousse Mai 2008 m'appelle d'ailleurs ainsi. Drôle. Enfin voilà ces quelques lignes pour vous dire que ça bouge aussi, que ça parle, que ça agit, que ça bouscule, certes pas à la hauteur souvent de ce à quoi on aspire, mais c'est vivant, c'est du vivant. Et puis, comme je leurs disais, en réaction aux doutes qui assaillaient certains d'entre eux sur le sens de cette "révolution civique mondiale", de leur assurer combien ça faisait du bien qu'ils se soient engagés là-dedans, avec d'autres qui relaient, participent également (RESF, CIMADE, attac, etc..). Echanges, débats contradictoires, actions, fêtes aussi, pauses pour savoir, savoir qui est l'autre, ce qu'il fait, ce qu'il pense, comment il imagine demain et après-demain. Bon allez il faut que je bosse là, je suis au boulot et c'est ... illégal de consacrer du temps de travail à parler d'autre chose que de... compétition, concurrence, profits, etc..(hahahahahahahah). Portez-vous bien Luigi de Lyon
Comme le disait Marx"je ne suis pas marxiste".Il s'agit d'avoir un outil d'analyse qui aurait dû évoluer avec le temps et les changements du capitalisme.On a un petit retard dans ce domaine.
Naradumi:rebelle à tout parti,syndicats, ça semble être le cas de la plupart des français:8% de syndiqués,a peine plus dans les partis et qu'est-ce qui a changé?rien!Au contraire ça permet aux libéraux toutes les manipulations,aux capitalistes d'investir les médias pour leurs manips de l'opinion.D'ailleur cete rebellion anti orga est une de leur manip de l'opinion.
Quant à la"logique de Marx qui veut qu'un ouvrier qui améliore sa condition s'embougeoise" je trouve ça du plus grand comique!Et tu fais la démonstration que tu ne l'a jamais lu.Je te mets au défi de trouver quoi que ce soit qui ressemble à ça dans les textes de Marx.L'idéologie marxiste n'existe pas,elle n'a existé que dans la tête de Joseph Yougachvili!Elle n'est que l'analyse de l'évolution des sociétés capitalistes.Le communisme est le mouvement qui change l'ordre des choses.Mais tu devrais le savoir.....si tu l'a lu et étudier mais j'ai l'impression que tu étais absent du cours ou que le prof était à l'UMP!
Logique de prise de pouvoir?parce que c'est le mouvement!parce que tu veux changer la société sans prendre le pouvoir,en le laissant aux mains des capitalistes?tu nous prends pour des idiots!
Et j'en ai assez de ces amalgames sur "la gauche".Que tu reprenne ces imbécilités médiatiques comme si la "gauche"était uniforme,prouve au moins que tu es intégralement infuencé par ces médias.Que tu le veuille ou non,l'histoire des sociétés n'est rien d'autre que l'histoire de la lutte des classes.Et la conscience de classe c'est juste le moment ou on comprend dans quel camp on est.Face au Capitalisme financier ultra organisé restons comme nous sommes?il suffit de poser la question pour comprendre son absurdité!
Et il n'est pas question de "pleurnicher"comme tu dis.Il s'agit de créer un rapport de force.Et cela ne se fait que dans une organisation.Et faire passer tout les membres d'organisations de gauche pour des gens malhonnêtes,est malhonnête en soit!
Tu es comme tout les"rebelles":être contre tout pour que rien ne change!
Et les "inorganisés" me font rire de leur impuissance.Il s'est passer quelque chose à l'assemblée nationale cet aprés midi:sur une motion élaborée par le député communiste Chassaigne,qui était déja à l'origine de l'amendement 252,a fait rejeté le texte sur les OGM.
Et qu'a fait "l'inorganisé" Bové?il est allé féliciter Eyrault le président du groupe PS,qui le moins que l'on puisse dire ne s'est pas trop mouillé dans cette affaire.Manque de conscience de classe pour comprendre qui a attaqué l'ultra libéralisme et préparer le terrain pour une premiére victoire!
@JCG : pffff, c'est répétitif. "La CGT c'est beau, les partis c'est bon, ceux et celles qui pensent pas comme ça, c'est pas des révolutionnaires"
Tu veux pas essayer de sortir de tes clichés et imaginer qu'il existe :
- des anticapitalistes en lutte qui ne sont pas encarté-es
- des révolutionnaires qui ne veulent pas prendre le pouvoir mais détruire et le capitalisme et le pouvoir
- des personnes qui pensent et luttent lutte des classes, qui savent très bien dans quel camp elles sont et cependant n'éprouvent pas le besoin de confier la direction de leurs luttes à qui que ce soit ?
En fait tu confonds "lutter ensemble" avec "lutter dans une organisation" et "être organisé-es" avec "être encarté-es et discipliné-es", et ça stérilise pas mal le débat.
Ce n'est pas lutter dans une organisation,c'est lutter AVEC une organisation,ce n'est pas être discipliné,c'est réfléchir collectivement.Ca stérilise le débat?quand t'es tout seul tu débat avec qui?Qui trouve les salles,paye les affiches,les tracts,les bus des manifs?de la poche des encartés!
Ca me fais penser à ces ouvriers non syndiqués qui veulent autant informés que les syndiqués et qui oublie que c'est les seconds qui payent la facture!
Il existe des anticapitalistes en lutte qui ne sont pas encartés,bien sur mais seuls quels sont les résultats et quand ils sont en lutte c'est avec qui et quels moyens financiers?Des révolutionnaires inorganisés ça existe,des révolutionnaires inorganisés qui ont réussi connais pas!
Il veulent détruire et le pouvoir et le capitalisme?avec quels moyens?quelle efficacité?A quel momernt ils ont organisé une gréve,une désobéissance civile,une lutte armée?
Ne confier la direction de leurs luttes à personne?ça les salariés savent le faire depuis longtemps,ce qui ne les empêchent pas de tenter de s'organiser pour se donner les moyens de lutter!
"La CGT c'est beau"?ou ai-je écris ça?
@ Christine, j'allais le dire !!, donc je n'en rajoute pas, ah si peut-être, le député communiste Chassaigne, avec les OGM, a le mérite de l'opiniatreté, il faut le reconnaitre, mais malheureusement ce n'est du qu'à un manque de discipline des UMP, et la loi qui n'est pas passée par la porte va passer par la fenêtre, avec la commission paritaire inter assemblées. Donc on l'aura quand même dans l'os et je suis poli !!
C'est pour ça que moi, les partis, les organisations, les syndicats, les élections, il y a longtemps que j'ai fait une croix dessus et les faucheurs volontaires, c'est déjà pas si mal comme acte de désobéissance civique! Même si t'aimes pas Bové, mon bon JCG! ;-). A plus.
vieil anar
Le probléme n'est pas d'aimer ou de ne pas aimer Bové:c'est son inconséquence que je désigne.En dehors de ça je l'aime bien.
Au fait l'acte de désobéissance civique des faucheurs volontaires c'est parti de qui?de la Confédération Paysanne qui a mis à disposition ses moyens.
Aprés des citoyens se sont mouillés:elles ne peuvent pas le faire à votre place.
Et puis j'aime bien vos réactions:on peu pas avoir raison alors on arréte le débat.Parce qu'il s'agit d'un débat enfin j'espére,mais dans ce cas la on a pas toujours raison surtout quand on ne parle pas tout seul.Argumentez pour me faire changer d'avis.Bon ça va être dur.C'est diffiçile d'être mis en face de ses contradictions..N'étant pas borné j'attends que vous me mettiez face aux miennes.
La loi qui n'est pas pasée va revenir par la fenêtre?il est des combats qui ne sont jamais finis.Les rapports de forces peuvent fluctuer.Ne pas déserter le combat sous prétexte qu'il n'est pas gagné d'avance on a les socialistes pour ça!Et les députés UMP ne manquent pas de discipline.Ils tiennent comptre d'un rapport de force donné à un moment donné:70% des français opposés aux OGM.
Et le lobby pro-OGM va avoir du mal à passer par dessus.
C'est sûr que sur les OGM on doit une fière chandelle à José Bové et surtout aux faucheurs volontaires (dont certains paient cher dans tous les sens du terme leur engagement citoyen). Il y a longtemps que sans eux ce serait tout ficelé et que Monsanto et co triompheraient partout.
C'est pas encore gagné, en effet, ce qui vient de sortir par la porte va rentrer par la fenêtre. Il serait temps que les 70% de français qui n'en veulent pas cessent d'être aussi "inconséquents". Il se pourrait qu'entre les lobbies et leurs électeurs, les députés n'hésitent pas tant que ça. En fait ils ont déjà choisi, ils sont juste en train de noyer le poisson.
Et parce que les salariés se servent de leur fameux "pouvoir d'achat"
aussisurtout pour acheter de la bouffe, on pourrait peut-être imaginer que les syndicats s'investissent enfin vraiment dans cette lutte (j'ai pas dit "les syndicalistes", je sais que beaucoup d'entre eux y sont déjà pour les avoir rencontrés dans les manifs anti-OGM).Pour moi, ce que font Bové et les faucheurs, c'est très bien, être intransigeant sur les principes et agir sans concessions, mais ne jamais cracher sur les alliés potentiels, même si on les trouve un peu mous, voire carrément capitulards. C'est tout à fait conséquent avec l'idée que les clivages actuels ne sont pas définitifs, et que nous devons élargir la base.
Contre les OGM on peut faire alliance non seulement avec Eyrault, mais aussi avec les UMP, et avec les 70% de français qui pourraient devenir 99% si on savait faire passer les infos.
Vu sur altermonde-sans-frontiere.com: "L’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification, tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification. (Claude Lévi-Strauss)"
Il est évident que l'action de la Confédération Paysanne a été déçisive dans la prise de conscience d'une majorité et pas seulement en matiére d'OGM.
Et tout ça doit se faire dans la clarté politique.Voila que maintenant des militants écolos prochent de Mamére appele à une union Bové,Hulot,Cohn-Bendit pour les européennes.
Et Bové s'est déclaré interressé.Nous voila dans l'union de la carpe et du lapin:le partisan du oui CB et le partisan du non Bové,plus le centriste Hulot.Et C-B veut même élargir à Nathalie Kosciusko-Morizet.
Génial non?et comme l'appel est signé par nombres de militants proches de Baupin et Cochet il est évident que ça clarifie le combat(rires).
Bové, Hulot, Cohn-Bendit: le bon, le truand, la brute???
@ JC Goujat "La loi qui n'est pas passée va revenir par la fenêtre?". Idem pour le TCE(et tant d'autres lois....): La medecine que le sujet ne veut avaler, il se la choppe plus tard en suppositoire. Quoiqu'actuellement ce serait plutôt les électro-chocs qui menacent l'intégrité d'un patient (le peuple) dans le coma.
@Luigi: hasta la vitoria pronto!
@rizzlaba ça c'est sûr. Pendant que sur le blog du Yéti certaines et certains s'empenaillent pour savoir toujours et encore qui de la moustache de X ou de Y vaut valeur de vérité historique et résistante, d'autres à la pilosité certes moins prononcée organisent et s'organisent pour jouir (oui je dis bien jouir) de l'espace public (c'est encore notre droit), lequel s'il n'est pas pollué par les montreurs d'ours en plexiglass, reste bel et bien le dernier endroit où l'on peut et l'on doit agir. Portez-vous bien Luigi
Ce week-end à Lyon, chassés de la place de la X-Rousse par les artisans du vin qui refusent de partager l'espace avec nous, rapatriement au parc Chazières où il sera question d'éducation, de l'OMC et l'AGCS, de la financiarisation, etc..
Et bien sur que la loi sur les OGM va revenir devant le parlement.Mais signalons que des députés UMP commencent à dire qu'il ne le voterons pas.
C'est une premiére victoire pour le mouvement social,qui n'en a emportée aucune depuis le CPE je ne vais pas cracher dessus.
Il faut continuer à mettre la pression sur les députés et sénateurs de droite,parce que soyez surs que les lobbys semenciers eux sont présents!
Et quant je vous lis tous les ultras révolutionnaires je suis effaré!VOUS PARTEZ BATTUS D'AVANCE! C'est sidérant!
Pas la peine de mener le combat puisqu'ils vont revenirs à la charge autrement,pas la peine de faire des propositions puiqu"ils" vont refuser.C'est trés mobilisateur comme discours:on veut la révolution,mais on peut rien faire!
Vous oubliez une chose:le capitalisme,mondialisé ou non,à toujours procédé de cette maniére,il a toujours remis en cause les acquis sociaux et sociétaux dés qu'ils ont été mis en place et leur maintien ou non a toujours été fonction du rapport de force.
Mouaaaaarf !
Une victoire du mouvement social ? Tu rigoles ? Paraît que la méthode Coué a des vertus, mais là, c'est trop.
Sûr que dans les combats parlementaires, on est battu d'avance. Non, je ne suis pas pessimiste.
Pas pessimiste:démobilisatrice!
Alors qu'il faut maintenir la pression sur les parlementaires de droite,voila que vous dites il ne faut rien faire et le combat parlementaire est perdu d'avance:s'il avait été perdu d'avance le texte n'aurait pas été rejeté!
Alors je vais continuer à envoyer des messages aux députés de droite et socialistes,les miens n'ont pas besoin d'être convaincus,à leur dire que nous ne voulons pas d'OGM en plein champs et a rassembler un max de personnes la dessus.
Reste chez toi a te tordre les mains en te disant que rien n'est possible et qu'aucune victoire n'est à notre portée.
Pour moi tous les combats ont une valeur,toutes les victoires sont bonnes à prendre et peuvent en permettre d'autres.
Chacun son monde:à toi le pessimisme bobo des gens qui causent beaucoup,à moi le travail des rencontres,des étages montés et descendus des gens rencontrés qui ne savent pas que les combats sont perdus d'avance.
"à toi le pessimisme bobo des gens qui causent beaucoup" on se connaît ? ;-))
En fait Christine,le mépris que tu a pour lers combats que tu ne suis pas m'amméne à penser.....que l'on a rien à se dire!
Pas mépris, Jean Claude Goujat, désaccord. C'est pas la même chose. Le mépris, c'est en général ton "camp" qui le manifeste, souvent par la violence, pour le "mien". Mais si tu m'causes plus, je crois que je vais survivre, voire même continuer à exprimer mes désaccords.
Et à penser qu'écrire aux députés PS et UMP, c'est aussi efficace que de pisser dans un violon. Tiens, j'ai le goût du risque, si la loi sur les OGM passe pas, j'avouerai publiquement avoir eu tort ;-))
Mais ne rien faire est aussi efficace que pisser dans un violon!et c'est ça ta proposition:ne rien faire!
Je préfére tenter quelque chose même si je ne suis pas sur de réussir.Et on n'est jamais sur de réussir.L'incertitude du résultat est d'ailleur permanent!
Et les excuses c'est pas en public qu'il faudra les faire et c'est si la loi passe:tu pourra dire fiérement:la loi est passée et je n'ai rien fait pour l'empêcher!
Nos descendants aprécieront.
Quant à mon camp il fait ce qu'il peut avec les moyens qu'il a et il ne baisse pas les bras,il essaie encore et encore de rassembler pour être efficace à tous les niveaux du plus petit au plus grand.
Et je commence à comprendre pourquoi certains ne veulent pas en parler:"mon camp" à joué un trop grand rôle et il faut surtout pas que ça se sache.
Et le mépris ne fait parti des mes habitudes,la méthode coué si!
"je n'ai rien fait pour l'empêcher!" Après cette intervention, j'arrête de fiche la pagaille dans ce fil, ça va me demander un effort, je suis joueuse ;-)) J'ai juste dit que je n'avais pas écrit aux députés PS et UMP, que sais-tu de ce que je fais ou pas ? Et dans quel domaine ?
@ Christine:
Non seulement j'ai essayé de discuter avec JCG, mais je lui ai fait des ouvertures, pensant qu'on avait au moins un petit bout de terrain en commun, à propos du livre, qui aurait pu le passionner, "L'insubordination ouvrière dans les années 68", de Xavier Vigna, aux PUF.
Les ouvertures, ça l'intéresse pas, il salue d'un mot, d'un regard, par politesse, et il passe. Il préfère, et de loin, les fermetures. Ce mec là a tellement verrouillé son raisonnement que même ma grand mère maternelle, avec ses trois verrous à la porte d'entrée, deux à celle de la cave, plus les fils de fers enroulés aux espagnolettes des fenêtres pour les renforcer aurait eu pitié de lui.
Ce qu'elle ressassait, elle, c'était le départ des chartreux (en 1906, hein, ils étaient revenus depuis), Viviani qui avait promis (???) d'éteindre jusqu'aux étoiles, et chépluki, un laïcard endurci, qui avait fini par craquer "S'il faut un miracle pour sauver la France, alors je crois aux miracles".
Chacun ses obsessions.
Je lui souhaite de se déverrouiller un jour, mais j'ai jeté l'éponge pour la seconde fois.
"l'insubordination ouvriére en 68"?J'ai passé 48 ans(commencer à 14 ans,fini à 62) dans les usines comme ouvrier et un universitaire vient me dire comment ça c'est passé en 68 dans les usines?A qui a-t-il demandé comment les ouvriers l'avaient vécu?
J'aime beaucoup les universitaires quand ils ne se posent pas en donneurs de leçons.Parce qu'enfin refuser d'écouter ceux qui l'ont vécu cette insubordination ouvriére c'est fort non?
Contrairement à ce que tu peux dire je ne suis fermer à rien.Mais quand même un peu fort:on m'explique comment j'ai vécu "l'insubordination"en 68.Je l'ai vécu pendant 48 ans permettez que je sache de quoi je parle.
Mais je ne suis pas universitaire,alors forcément ce que je dis est faux,ça n'existe pas,ça n'a pas de réalité.
Qui est vérrouillé dans son milieu?qui refuse d'écouter les autres,surtout ceux qui sont pas du même milieu que vous?
Parce que le probléme est la:je fais parti des smicards,vous des intellectuels financiérement aisés vous avez donc forcément raison et moi forcément tort!
Bonsoir Jean-Claude, Jardin, Christine, etc, et Yéti !
Nous pensons qu'il faut au militant ouvrier une méthode d'analyse et de raisonnement juste pour pouvoir réaliser une action révolutionnaire juste. Qu'il lui faut une méthode qui ne soit pas un DOGME lui donnant des solutions toutes faites, mais une méthode qui tiennent compte des faits et des circonstances qui ne sont jamais les mêmes, une méthode qui ne sépare jamais la théorie de la pratique, le raisonnement de la vie...
La méthode Coué est au clou ce que le vis est à la vertu ! Et le son pisseux d'un violon invite à abandonner par jet de l'éponge, plus qu'à passer l'éponge !
Alors camarade JC, au lieu de "résoudre" maladroitement les contradictions: (manuel # intellectuel), témoigne donc de tes 48 années de boîte comme l'a fait Jean-Pierre Levaray avec son bouquin "PUTAIN D'USINE". Je sais: les conseilleurs sont pas les payeurs, et les payeurs pas toujours de bons conseils, n'est-ce-pas ? Salut !
@ Jean Claude Goujat
"Parce que le probléme est la:je fais parti des smicards,vous des intellectuels financiérement aisés vous avez donc forcément raison et moi forcément tort!"
Le problème s'il y a, n'est-il pas de ce "no alternative" de ces représentations rigides que tu te construit sur les smlcard pauvres et incultes et les intellectuels riches et cultivés ?
Si je suis "un intellectuel", alors je suis à l'inverse de ta construction et d'autre visiteurs sont surement dans une situation telle, et peut-être qu'il n'ont pas vécu ce que toi tu as vécu mais rien n'empêche qu'il aient pu avoir dans leur entourage des proches ayant vécu une expérience comparable à la tienne et qu'ils en aient enrichi leur réflexion; ne dit-on pas que le recul permet une meilleur analyse.
Etre le nez dans le guidon est-il toujours bon ?
Hum hum, la tournure de ce fil de commentaires, m'a inspiré un drôle de ressenti, que j'ai préféré développer sur mon blog.
(Note du Yéti : me suis permis de mettre un lien vers l'article indiqué avec trop de modestie par dominique.)Naradumi,la phrase en question désignait la construction d'esprit de ceux qui prétendent avoir l'esprit plus ouvert que le mien!C'est de leur tournure de pensée dont je parle pas de la mienne.
Parce si je prend le temps d'écouter il me semble pas que ce soit leur cas.
Et je ne consteste pas les intellectuels,ce que je conteste c'est que l'on puisse écrire un livre sans aller voir les premiers concernés.Et pas de smicards incultes,parce que la je m'insulte moi même.
Mais le reflexe d'un smicard ou d'un rmiste face à un événement donné ne sera pas le même qu'un intello:quand on est dans la survie ça change tout.
Alors pas de dogme,ni d'idées toutes faites,à conditions que tout le monde s'écoute et là il y a du chemin à faire!
Bonjour tout le monde ! Excusez mon irruption, je n'ai pas l'habitude de commenter les billets parce que je fais généralement plutôt partie des silencieux qui attendent
Pour entrer directement dans le vif du sujet, j'ai bien peur que le Grand Soir soit une chimère : quand bien même il arriverait soudainement, à la faveur d'émeutes ou de manifestations qui dégénèrent, sur quoi pourrait-il bien déboucher sinon un nouvel Empire, si rien d'autre n'est prêt à prendre la relève ?
Plus que jamais, la Longue Marche est de rigueur : il faut commencer par inventer au quotidien le monde de demain. Que ceux qui ont les moyens financiers consomment bio, que ceux qui ont les compétences réparent leurs objets plutôt que de les changer, que ceux qui ont la santé circulent en vélo, que ceux qui en ont le talent s'occupent à créer plutôt qu'à consommer... Par petites touches quotidiennes, inventons la décroissance, la vie durable. C'est en voyant qu'un autre monde est possible que la majorité silencieuse emboitera le pas aux pionniers.
Le système de l'argent-roi, qui a triomphé des empires adverses les plus puissants, ne survivra pas à la désaffection de ses consommateurs ! Mais sinon, faute d'avoir bâti préalablement une alternative réelle, le Grand Soir ne débouchera sur rien, sinon un nouveau système où les nouveaux puissants mangeront la laine sur le dos des nouveaux faibles.
PS : J'enfonce le clou. Qu'est ce qui a le plus de chances de se produire dans le foyer français moyen :
1) Je vais prendre les armes et combattre tout seul les armées d'Europe et d'Amérique !
2) Ca a l'air sympa ce que fait mon voisin, je vais essayer de faire pareil, on verra bien.
Honnêtement ?
@ Jean Claude
Je suis particulièrement touchée par ce que tu dis de ce livre dont je t'ai parlé il y a quelques jours. En effet, n'étant pas en France, je n'ai pas pu me le procurer, il sera une de mes priorités d'achat quand je rentrerai. Mais pour l'instant je ne peux rien en dire de concret.
Par contre, tu écris: "un universitaire vient me dire comment ça c'est passé en 68 dans les usines". C'est précisément ça, le boulot d'un intellectuel: ne pas se contenter de sa propre expérience, ni de celle d'une seule personne. Chaque expérience est singulière et on ne peut en tirer de conclusion générale. Le boulot d'un intellectuel, c'est d'élargir le cadre, de confronter, de mettre en relief, de faire apparaître les convergences, les divergences, les contradictions. D'en tirer des conclusions, qui doivent toujours être provisoires, parce que le travail de réflexion n'est jamais fini.
Bien sûr, il faut -aussi- se méfier des intellectuels. De la même manière qu'un garagiste peut maquiller un moteur, mais peut-être plus facilement, un intellectuel peut maquiller la réalité qu'il essaie de connaître et de faire connaître. C'est précisément pour cela que nous devrions tous devenir des intellectuels, au moins un peu. Capables de repérer un raisonnement maquillé, comme quand tu achètes une bagnole, sans être garagiste, tu peux quand même repérer les indices qui te rendront méfiant.
Or, il y a deux attitudes qui aveuglent le citoyen de base: la confiance inconditionnelle dans l'intellectuel, qui sait tout mieux que personne, n'est ce pas? Et tu as raison de dénoncer cette attitude.
Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes...
Pour toi, Prévert était peut-être un de ces intellectuels dont il faut se méfier. Mais il dit quelque chose de vital, dans ce texte. Il dit "quand on le laisse seul". Effectivement, les intellectuels ne doivent pas être laissés dans l'isolement parce que le travail intellectuel décroche trop facilement du réel. Or la seconde attitude, celle qui consiste à dénigrer systématiquement les intellectuels, en négligeant ce qui fait l'utilité et la spécificité de leur travail, cette attitude aboutit à se priver de ce qu'ils peuvent apporter et à les isoler.
Ce qu'il y a de plus nuisible, dans le mépris pour les intellectuels, c'est que ça nous empêche d'acquérir ce minimum vital de capacités intellectuelles qui nous permettrait justement de repérer et de contrer les intellectuels maquilleurs de raisonnement. Et de profiter de ce que nous apportent les autres.
Prévert étant un poétes qui a bercer mes années d'école grace à un instit coco,il était pas au programme,je ne l'ai jamais considéré comme un adversaire,sauf quand je me retrouvais à expliquer le poéme en question et qu'il y avait des choses qui s'évaporaient.
Ce que je reproche à l'auteur du livre dont nous parlons,c'est que c'est un livre purement théorique:pas de d'interrogations des acteurs des événements,ni de ceux qui l'ont vécu de l'extérieur.
Ca ressemble beaucoup à un cours magistral.Il y a un gros travail de documentation mais la documentation transporte les idées dominantes malheureusement
oui, en effet, quand on lit des témoignages comme celui-ci: http://blog.fotolia.com/france/actualite/fotolia/ceo_terrorisme.html
on a envie de pousser des cris de désespoir.
Et encore plus quand on voit à quel point les gens sont déjà en train d'accepter ça, comme d'autres avaient fait à une autre époque, avec au mieux fatalisme, au pire en trouvant ça normal....