Dans le programme Mélenchon : la cantine scolaire gratuite

 
School_milk.jpg
Distribution de lait dans une école de Grande-Bretagne vers 1970

De toutes les raisons de voter Mélenchon plutôt que X ou Y je te présente ma préférée.

Lorsque Margaret Thatcher meurt, on se remémore illico toutes ces chansons qui disaient « J’irai danser sur la tombe de Miss Thatcher ». En apprenant la nouvelle, et malgré la pluie, les gens sortent faire la fête dans les rues et sur les places. La bière, le vin ou le champagne coulent à flots. Mais aussi le lait. Le lait ! Un liquide fort inhabituel dans les réjouissances.

« J’aimerais bien laisser dans l’histoire une trace aussi forte que celle de madame Thatcher » a dit François Fillon. Et Macron a chanté la même chanson sur un autre air.

Funérailles officielles de Margaret Thatcher. A-t-on vu ailleurs un tel charivari au passage d’un cercueil ? L’image la plus frappante, ce sont les bouteilles de lait tendues à bout de bras, ce sont les gens buvant du lait à la bouteille au passage du cercueil.

Thatcher avait supprimé la distribution de lait dans les écoles. Parmi toutes les abominations de sa politique, les millions de chômeurs, les millions de pauvres, la pénurie de logements, les mineurs licenciés par dizaines de milliers, les morts en Irlande, les entreprises publiques bradées aux copains, les jeunes émigrant à l’étranger, l’effarant développement des banques alimentaires, parmi toute cette dévastation, le symbole le plus puissant, le plus poignant, le plus marquant, c’était la bouteille de lait qu’elle avait volé aux enfants !

Dans les pages de L’Avenir en commun (le programme porté par Jean-Luc Mélenchon) j’ai picoré dans ce qui est essentiel à mes yeux. Vient en tout premier la gratuité de ce qui est nécessaire à un être humain pour vivre.

La cantine scolaire gratuite pour tous les gosses. Une mesure humaine. Qui se passe de commentaires. Crois-tu qu’un gosse puisse apprendre le ventre vide ?

« Ça coûte ! » pleurnichent les grincheux. Ben oui, ça coûte. Et alors ? Va-t-on punir un gosse — tu ne mangeras pas ! — parce que ses parents ont fait ceci ou ne sont pas cela ? On ne va pas soupeser richesse et pauvreté ou chipoter sur les convictions religieuses des parents ou exclure les non-conformes qui sont dans des établissements spécialisés, non, la cantine doit être gratuite dans toutes les écoles. Comme les livres et les cahiers et les sorties et les activités péri-scolaires.

Faut pas connaître l’angoisse des fins de mois, faut pas connaître l’angoisse des privations permanentes, pour chipoter sur le soulagement que sera la cantine scolaire gratuite. Et l’école sera enfin vraiment gratuite après plus d’un siècle de mensonge officiel. Gratuite pour tous.

La gratuité, c’est l’égalité. Au lieu de dire : on vous le donne par charité parce que vous êtes pauvres, on redit que la sécurité sociale est une conquête sociale. Nous sommes tous solidaires et vous avez cette sécurité, comme nous tous, parce que nous faisons tous partie de la même communauté humaine.

La gratuité c’est la dignité. On abolit le sentiment de mendier. Beaucoup, qui pourraient bénéficier d’une aide, n’en font pas la demande parce qu’ils ont honte de demander ou qu’ils n’en peuvent plus d’être fliqués.

Frères humains qui AVEC nous vivez.


« Vous, affamés d’hier, ombres maigres et dures / Mon chant est un ruisseau, mon chant est une mûre. » Jean Ferrat chante un poème d’Henri Gougaud.