Comparatif : programme du Yéti et projet Mélenchon

Yeti_JLM.png

Durant la publication des 7 volets de mon programme de Yéti 2017, nombreux ont été ceux qui m’ont fait part des similitudes avec le projet défendu par Jean-Luc Mélenchon.

Il est clair que beaucoup de choses rapprochent ces deux projets à commencer par le point purement politique qui me paraît le plus important : la nécessité d’une Constituante.

D’autres analogies transparaissent qui ne sont finalement pas si surprenantes tant les mesures à prendre pour enrayer la déliquescence de notre pays tombent sous le sens :

  • l’Otan dont il convient de s’affranchir ;
  • la préoccupation écologique ;
  • une meilleure répartition des richesses ;
  • un certain niveau de protectionnisme social ;
  • la restauration des services publics de base…

Mais deux différences fondamentales continuent cependant de distinguer les deux projets :

  • Le revenu d’existence évolutif : Jean-Luc Mélenchon continue de lui préférer une augmentation des salaires (celle du SMIC en particulier) qui ne trouve son sens que dans un retour au plein-emploi… disparu depuis plus de 30 ans ! La répartition des tâches prônée par Jean-Luc Mélenchon pour y revenir est une mesure nécessaire, mais totalement insuffisante en regard de la raréfaction du temps de travail global entraînée par les progrès technologiques.
    Rappelons que l’activité économique ne consiste pas à créer des emplois, mais à produire le volume de biens et de services nécessaires aux besoins de la population. Qu’on puisse y parvenir en travaillant moins devrait être considéré comme un progrès social, non comme une calamité.

  • La question européenne ; Jean-Luc Mélenchon continue de vouloir réformer l’Union européenne de l’intérieur, ce qui est un non-sens total si l’on se réfère à la logique anti-démocratique qui sous-tend l’existence de cette construction bureaucratique et de sa monnaie unique, l’euro.
    De ce fait, Jean-Luc Mélenchon est contraint de placer la souveraineté nationale dans la logique d’une confrontation stérile et nocive avec nos “partenaires” : « Nous sommes la cinquième puissance mondiale, on nous écoute où on s’en va. » D’autres nations souveraines, heureusement, moins bien placées dans la hiérarchie mondiale, montrent qu’ont peut mener son petit bonhomme de chemin sans sacrifier à ces confrontations de matamores (l’Islande, par exemple).

En ne faisant pas suffisamment le deuil des vieux paradigmes du vieux système usé d’avant (la compétition, la croissance, la valeur-travail, la notion de plein-emploi…), Jean-Luc Mélenchon s’aliène une bonne partie des citoyens victimes du chômage et de la précarité galopante. En négligeant la question fondamentale de la souveraineté, il laisse sur ce sujet le champ libre à l’extrême-droite et à ses réponses régressives.