Ceux qui font le monde d'après : 210 000 Rennais vers l'autosuffisance alimentaire

Les Incroyables comestibles

La nouvelle n’a évidemment pas fait le tour de nos médias. Je l’ai apprise par le site Positivr et elle date du 27 juin dernier : la ville de Rennes a lancé un programme de transition citoyenne et écologique visant à garantir l’autosuffisance alimentaire à ses 210 000 habitants.

Et attention, pas n’importe quelle transition : rien que du bio, de l’agro-écologie, de la permaculture, de l’agriculture urbaine, des circuits-courts type AMAP, 

La municipalité met 30 000 ha de terrain à disposition pour la réalisation de cet ambitieux projet et mûrit un plan d’éducation à l’alimentation saine. Les habitants sont invités à devenir non seulement des consommateurs intelligents, mais aussi des co-producteurs consciencieux.

Derrière la municipalité, une association super sympa se bat pour la réalisation de ce formidable programme : les Incroyables comestibles, dont j’avais déjà pu voir les joyeuses réalisations en passant par la ville.

Un joyeux pied-de-nez à l’industrie agro-alimentaire

La ville de Rennes n’est pas la seule à se lancer dans ce genre d’initiative. Avant elle, d’autres centres urbains avaient fait de même : Albi et, aux USA, Detroit la sinistrée et son “urban farming” évoqué dans le film Demain.

Au regard du contexte dans lequel elles s’inscrivent, ces démarches n’apparaissent pas seulement comme originales, mais révolutionnaires et subversives. Vous pouvez parier que les lobbies de l’industrie agro-alimentaires vont faire feu de tout bois pour leur mettre des bâtons dans les roues, faire donner les services d’hygiène vendus pour leur chercher des poux dans la tête, ou en appeler à leur putain de service, Bruxelles.

Ce week-end, j’ai voulu acheter un pâté forestier à un producteur bio. Dépité, ce dernier m’a avoué qu’il n’avait pas le droit d’utiliser les champignons qui poussaient dans les bois alentours, rien que des machins dessiqués par l’industrie de la bouffe salopée. Un peu comme ces œufs reconstitués qui font désormais l’ordinaire dégueulasse des omelettes dans les restos ou les cantines.

Il faut espérer que les initiatives comme celles de Rennes, Albi ou Detroit parviendront à pulvériser les carcans mis dans nos assittes par des saligauds. La révolution sera joyeusement subversive et relocalisée ou ne sera pas. Bon appétit à tous !


La délibération municipale du 27 juin 2016 à Rennes