Radio de l'été : le blues touareg d'Omara "Bombino" Moctar

Bombino

Radio Yéti #06. Ce qui m’intéresse dans la musique populaire, c’est son évolution. Loin d’être cantonnée à ses schémas traditionnelles d’antan, elle évolue et se modernise, parfois de façon surprenante. C’est le cas pour la musique touareg avec Omara Moctar, dit “Bombino”(mais on pourrait aussi citer le groupe Tinariwen, originaire de l’Adrar des Ifoghas dans le nord du Mali).

Omara “Bombino” Moctar est né, lui, le 1er janvier 1980 dans un campement touareg aux environs d’Agadez, Niger. Très vite exilé en Algérie avec ses parents lors de la rébellion touarègue de 1990. Il revient sept ans plus tard pour entamer une carrière de musicien professionnel.

Son instrument de prédilection, la guitare électrique, n’est pas seulement un gage de modernisme, mais aussi un symbole de résistance. En 2007, suite à une nouvelle rébellion des “hommes bleus”, le gouvernement nigérien leur interdira l’usage de la guitare. Et exécutera deux musiciens du groupe de Bombino.

Le morceau retenu ici, “Tar Hani” (mon amour), n’a rien d’un rien d’un brûlot politique, mais est symptomatique de l’évolution de la musique touarègue. On y voit se côtoyer des instruments aussi disparates qu’une guitare électrique aux sonorités de blues américain tendance soul music, et de curieux instruments traditionnels comme cette calebasse dans une bassine d’eau frappée avec une sandale.