Radio de l'été : 3 MA ou la nécessité d'inculquer les raffinements de la civilisation aux sauvages

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Radio Partageux #10. Où, avec un seul ticket, remercions la radio de l’été des blogueurs, l’on voyage à la fois à Madagascar, au Mali et au Maroc.

Un power trio, le hard rock n’a qu’à bien se tenir, avec une valiha, une grande kora et un luth. Rajery de Madagascar, Ballake Sissoko du Mali et Driss El Maloumi du Maroc. Ils viennent de nos colonies…

Nos anciennes colonies. Les bidasses y arrondissaient joliment leur solde. Les jeunes en quête d’exotisme y partaient à l’aventure. Les bonnes familles y exilaient les rejetons en délicatesse avec ceci ou cela.

Nos nouvelles colonies. On y exporte nos poulets et notre blé, nos technologies fragiles, nos produits chimiques, nos déchets toxiques et nos navires pourris d’amiante. On y exporte nos expatriés qu’on ne saurait confondre avec des travailleurs immigrés. On importe l’or, les diamants, l’uranium, le pétrole et toujours les “denrées coloniales” même si on ne nomme plus ainsi café, cacao ou coton.

Je récapitule. La France a envahi un bon gros morceau de l’Afrique après avoir longtemps fait commerce de bestiaux, pardon, de négros. Commerce qui a tant enrichi les riches familles de Bordeaux, La Rochelle et Nantes que ça se remarque encore aujourd’hui quand on s’y promène. Commerce qui a enrichi au passage un Voltaire actionnaire de compagnies négrières. Voltaire, tu sais, celui des loupiotes — ils disent les “Lumières” — que l’on devrait révérer bien au-dessus d’une femme voilée ou d’un homme crucifié.

La France a spolié, pillé, ruiné. Elle a emprisonné, déporté ou tué les récalcitrants. L’histoire ancienne se renouvelle encore : songeons à tous les meurtres ciblés et au massacre d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie dans les années 1980. Aujourd’hui Bolloré et princes consorts s’approprient les terres par dizaines ou centaines de milliers d’hectares. Et on se demande pourquoi des gens chassés de chez eux cherchent refuge en Europe…

Nos trois musiciens viennent de trois anciennes et actuelles colonies françaises. Et jouent tous les trois d’un instrument à cordes pincées. Je te laisse savourer. Et méditer au passage sur l’idée qu’il faudrait, comme nous l’ont enseigné les loupiotes, inculquer les raffinements de la civilisation aux sauvages.

Après une brève présentation en néerlandais on a une première composition collective du trio. Puis un entretien en français sous-titré en néerlandais épicé d’un petit solo de chaque instrument. Avant de finir avec une deuxième composition collective.