30 juin 2016

Radio de l'été : « Techno Parade » pour danser à perdre haleine

Photo : G.Connesson.jpg

Radio Partageux #02. Où l’on fait la connaissance de Guillaume Connesson, un presque jeune compositeur de musique contemporaine.

On est quelques uns autour d’une table. La tambouille du restaurant, pourtant connu, ne vaut pas tripette. Alors, plutôt que de pleurer sur nos mornes assiettes, on papote musique. Faut dire que l’un d’entre nous en fait son métier. Quand on en est à nos goûts, je raconte que j’écoute beaucoup de musique classique du XXe siècle. « De Debussy à aujourd’hui ». Ça jette un froid. « Aujourd’hui ? » fait le musicien interloqué. Et me voilà cordialement mais fermement invité à m’expliquer. Déjà qu’on avale une triste tambouille, se prendre, même de façon virtuelle, de la musique de même obédience dans les oreilles…

La musique contemporaine est souvent synonyme d’infect brouet, de produit répulsif ou de vomitif puissant. Ses théoriciens ont eu beaucoup de talent dans l’art de théoriser. Leurs oukases ont même fait passer les pires dictateurs pour des humoristes badins.

Regardons le bon côté des choses. Il est heureux que ces théoriciens se soient occupés de musique plutôt que de politique. Au moins ils n’ont pas ouvert de camp de redressement pour tous ceux dérogeant à leurs normes… Mais, inconvénient pour les amateurs de musique, les compositeurs suivant les strictes règles du droit canon des églises contemporaines nous ont fait subir les derniers outrages sonores qu’à côté de ça la traversée pieds nus du désert de Gobi est une partie de rigolade.

Que les théoriciens théorisent, franchement, on s’en foutrait s’ils laissaient les autres composer selon leur bon plaisir en s’abstenant de leur livrer une guerre sans merci. Que leurs productions musicales donnent envie de fuir, on s’en fout aussi, on peut tourner le bouton pour éteindre.

Mais me voilà contraint de parler des contrées magnifiques des minimalistes américains, de la constellation de l’Europe nordique, de la diaspora des compositeurs de l’ex-bloc soviétique. Notre ami musicien découvre une galaxie de noms qu’il ne connaît pas. Et comment des mélomanes échangent des tuyaux. Et par quels canaux, dignes du commerce de substances prohibées, nous trouvons encore ces machins d’un autre âge : des disques.

Il faut aussi ajouter que, même chez nous, on trouve des compositeurs qui n’ont pas cédé aux injonctions totalitaires des théoriciens. Des réfractaires ou des insoumis en quelque sorte. Ainsi Guillaume Connesson qui a séduit les oreilles alors qu’il sortait à peine du conservatoire. Ce garçon né en 1970 dit volontiers qu’il écoute tout ce qui passe à sa portée et pas seulement le domaine classique, qu’il aime les musiques rythmées et les musiques pour danser. Et ça s’entend dans ce qu’il fait.

Voici peu je t’ai proposé une chanson de Pierre Delorme avec une vidéo remarquable. Eh bien voici à nouveau une vidéo remarquable. Ici ce n’est pas un montage léché d’images d’archives mais des angles de vue originaux qui nous changent agréablement des cols empesés et des pingouins avec un parapluie profondément enfoncé dans l’arrière-train des concerts (trop) classiques.

Je t’ai mis “Techno Parade” pour flûte, clarinette et piano parce que c’est une pièce dont la durée est bien adaptée à la radio de l’été que tu peux écouter icitte. Et parce que les disques de Guillaume Connesson peuvent tout simplement être trouvés ou commandés chez le disquaire de ton coin. Et parce que tu pourras même danser si tu peux suivre le rythme. Car faut pas être rhumatisant pour danser comme pour jouer sa musique.

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