Régionales premier tour : la démocratie prend le bouillon (48,10 % de suffrages exprimés !)

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Christian Estrosi (LR) au soir du 1er tour des Régionales 2015

Faut-il s’en étonner, la démocratie a encore pris le bouillon lors de ce premier tour des Régionales. Grand vainqueur une fois de plus, l’abstention : 49,91 %. Et même 51,11 % en ajoutant les votes blancs !

Ce qui revient à diviser par deux le score des listes arrivées en tête pour connaître leur véritable impact dans le pays.

Imaginez, les partis de pouvoir obtiennent respectivement le soutien de 13,5 % des inscrits pour le groupe de droite (LR and co), 11,35 % pour le groupe de (fausse) gauche (PS et satellites). Soit, pour les partis dits de gouvernement, un total misérable de moins d’un quart de la population en âge de voter.

Ne parlons même pas des “idiots utiles”, EELV et le FDG, complètement dans les choux à moins de 3% chacun. Mais là, pas d’étonnement non plus.

Le FN, grand triomphateur médiatique de la soirée, aurait pourtant grand tort de pavoiser. Dans une élection où sa position d’opposant énervé lui a très certainement valu de faire le plein des voix, il ne recueille le soutien que de 15,3 % de la population.

Une faillite démocratique qui ne touche pas que la France

Qu’on évite de nous servir la sauce réchauffée de l’abstention irresponsable, la ritournelle faisandée des « qui ne vote pas consent » ou « doit fermer sa gueule ». Les abstentionnistes sont plus nombreux que les électeurs ayant exprimés un avis (cf. résultats ci-dessous) et n’ont pas plus de leçons de démocratie à recevoir que ceux qui votent.

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Régionales - Résultats du 1er tour

Il est faux aussi de dire que les abstentionnistes se désintéressent de la politique. Quand le sujet est important, la plupart d’entre eux n’hésitent pas à se mobiliser : 30,6 % d’abstention seulement au référendum de 2005, 28 % au dernier référendum danois du 3 décembre sur l’Union européenne.

Car le phénomène du ras-le-bol de la farce démocratique ne touche pas que notre pays. Lors des dernières élections législatives portugaises, l’abstention dépassa les 40 %. En Égypte, pire encore, ils ne furent que 26,5 % d’électeurs à se mobiliser pour adouber la bande du général al-Sissi installée d’autorité sur les ruines de la révolution arabe.

Alors oui, on sait, les résultats n’empêchent pas les candidats rescapés de régner et de parader. Mais ceux-ci devraient prendre garde que plus de la moitié de leurs administrés les tiennent pour des imposteurs, des crétins et des malfaisants. Dans un système entièrement bâti sur la confiance et sur ses apparences, ça la fout très mal.

Et devrait se payer un jour.